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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 15:58

Le classique: l'illustration par un artiste d'une oeuvre littéraire, Mariette Lydis a connu, fréquenté estimé Colette. 

 

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         plb34_1-w.jpg                

 

Gigi ne pouvait être illustrée sans un travail en commun (Guillot 1948).

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Les 4 volumes de "Claudine", édité aux éditions de Cluny en 1939 sont issus d'une lecture "en connaisseuse" de l'oeuvre de Colette.

 

Je lis un magnifique livre de Gérard Bonal, basé sur une collection exceptionnelle. Voyez le site Colette construit par la Société des Amis de Colette, la publication annuelle des cahiers Colette est une magnifique source de précisions sur la vie et l'oeuvre. C'est un moyen de compléter, poursuivre les ouvrages d'étude ou d'édition, un moyen aussi de mettre en commun les informations existantes dans des collections parfois éparpillées. Un modèle du genre, le musée de Saint Sauveur, peut-être un jour la maison natale doivent beaucoup à la motivation du groupe d'acteurs des amis.

 

C'est à l'occasion du Bal des petits lits blancs (*1) de 1934, que Colette prononca ce témoignage "sur 4 dessins de Mariette  Lydis"   :  

    plb34_3-w.jpg

    

       Ne vous fiez pas à Mariette Lydis! Les enfants ne sont pas tous comme ceux qu'elle dessine ici. Ils n'ont pas ces cheveux en anneaux, qui séduisent et retiennent la lumière, ni cette lèvre plissée comme un pétale et rose d'avoir teté. Tous ne dorment pas, les cils couchés sur la joue, d'un si paisible sommeil et leur lit n'est pas toujours ce duvet bombé comme un nuage, blanc comme lui...

     Tournez les pages, et que votre méfiance grandisse: la petite fille couronnée, étonnée, plus jolie qu'une femme, c'est un portrait? Non. C'est un songe heureux de Mariette Lydis, de même que la jeune fille, coiffée de perles pour son premier bal. Ce sont des figures nées d'une inspiration de femme, qui frémit au son de trois paroles argentines: Petits Lits Blancs. Quatre images, quatre âges d'un bonheur puéril...

- Comment sont elles nées? demandai-je à Mariette Lydis.

     Je ne sais pas répondit-elle. Elles me sont sont venues d'un blanc primordial, un blanc de limbes... Ce sont les enfants des Petits Lits Blancs.

     Une artiste comme celle que j'ai nommée anticipe toujours. Imagination? Non. Sens du futur. Elle les a peints tels qu'ils seront, les Hôtes des Petits Lits Blancs. Elle a dessiné des modèles. Puis elle a dit à Léon Balby: "A vous, maintenant. Dressez les lits, nappez-les de blanc, allez chercher les enfants..." Il a répondu: "Ca me connaît." Peut-être a-t-il employé des mots plus rares, mais je préfère lui préter le langage du bon ouvrier.

     Il a derrière lui, depuis quinze années, depuis la fondation des Petits Lits Blancs, un contingent terrible d'enfants qui le pousse en avant, à l'assaut de la charité nonchalante. Dieu merci, le coeur nous bondit encore, à l'appel de l'enfant. Chaque année, le jour du grand bal, tout Paris est debout, prêt à servir. Tristan Bernard dansera, s'il le faut. Albert Lambert tirera les cartes. Sorel et Moreno seront écuyères de panneau, la Princesse de Polignac, la Comtesse de Chevigné liront l'avenir dans le marc de café et les épingles renversées, Mistinguett dira la Nuit de Mai; - Voulez-vous que je chante le grand air de la Tosca?

     Ce soir nous savons pourquoi nous sommes venus en foule. A l'heure la plus blanche, au meilleur moment d'une fête où règnent l'argent, la neige, la perle et la dentelle, nous verrons tous, nous appellerons tous, pour le condamner à jamais, notre plus sombre souvenir d'une détresse enfantine. Pour moi, je reverrai, dans un taudis villageois, une jeune femme dénuée de tout, qu'on secourut comme elle allait mourir et qu'on délivra de son nouveau-né. Elle n'avait ni langes ni draps, ni rien qui fut blanc, et l'on roula l'enfant dans un vieux gilet d'homme, noir.                       COLETTE.     

 

    Mariette et Colette ont aussi contibué à l'édition de 1935.

                                                                                                                                

 

*1/  Le Bal des Petits lits blancs, était une manifestation caritative annuelle de financement de l'oeuvre Petits_Lits_blancs-bailby.jpgorganisée par le directeur du journal "Le Jour", Léon Bailby (1857-1954). Le tout-Paris était sollicité pour des participations généreuses, un spectacle d'acteurs bénévoles, une tombola luxueusement dotée par les sponsors et la contribution d'écrivains, peintres et  imprimeurs pour la réalisation du programme distribué aux généreux spectateurs. L'institution des petits lits blancs, a été créée en 1917 par Madame Henri Lavedan pour lutter contre la tuberculose.

 

Le Bal de 1934 fut donné à l'Opéra le 6 février.

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Published by worlddream - dans Mariette Lydis
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tilly 29/11/2010 16:33


merci gérard pour ces beautés (textes et dessins) !


worlddream 29/11/2010 18:02



Et merci Tilly, pour vos commentaires, qui comme vous le dites nous apportent un certain plaisir. Un colloque Montherlant à eu lieu à la Sorbonne du 25 au 27, j'y ai partagé mes secrets sur
Mariette. a bientôt.



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