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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 06:53

Entrer à l'asile est dorénavant comme aller à une villégiature pour retrouver des amies où toutes les clientes sont en plus sont des modèles. Toutes ces figures déformées, ou inertes, d'une laideur si inhumaine à première vue sont devenus des visages à réaction sûre. Un bonjour, un sourire, transforme ce tas sale et dépossédé en un être humain. Qué tal Leonor, qué tal Mechita, qué tal Señora et une joie éclate dans cette existence terne, désespérée qui éveille en même temps une si grande compassion en moi, beaucoup de réflexion, une chaude affection. Les salles hautes de plafond sont propres aujourd'hui car c'est une journée de visites. Je songe beaucoup à toutes ces familles de ces 800 femmes parquées ici qu'on a débarrassées de ce qui leur pesait comme une dépense, un fardeau, une honte. Je m'avance, l'odeur fétide est un peu diminuée par la propreté hebdomadaire et la fraîcheur de l'automne. Sur des chaises sont assises des toutes vieilles, toutes sales. Elles sont affaissées, quelques unes bavardent toute seules, la plupart sont muettes, le regard vague. Elles ne s'aperçoivent pas de la visite inaccoutumée, c'est rare qu'elles donnent un signe de curiosité. La vie est retranchée pour elles à un tel point que rien ne les réveille de leur néant, de leur obsession, de leur souvenir, de leur hallucination. Quelles variations infinies y a t-il entre les fous plus qu'entre les gens soi-disant normaux, soumis tous à des règles uniformes, à des conventions apprises, à des manières générales. Ne pas choquer, ne pas susciter des critiques, sont les lois des personnes normales. Chez les folles aucune limite n'existe: ni honte, ni timidité, ni médisance, rien ne les arrête! La ligne est imperceptible entre le possible, l'admis, le raisonnable est aboli. Tout est admis, tout est accepté, ou mieux encore, peut être, rien n'est écouté. C’est comme si un de nous, ceux de l'autre coté criait dans la jungle, dans le vent ou sur les vagues leurs pensées les plus absurdes, les rêveries les plus secrètes, les plus brûlantes. les plus obscènes fantaisies sexuelles. Les arbres, le vent, les vagues sont aussi insensibles, aussi complaisantes que ces infirmières, aussi sourdes, aussi muettes que si elles parlaient une autre langue. Cette haute chambre est occupée par des vieilles dames sur des chaises, les trois mourantes dans leur lit et Mechita. Les mourantes se reconnaissent par le fait d'être recouverte d'un tulle, comme si les mouches avaient ici l'interdiction de circuler. Do not disturbCar sur les autres elles ont tous les droits les plus étendus. Aussi grouillent-elles dans cette journée d'automne presque froide, sur ces draps sales, sur ces mains pâles, sur ces figures qui se livrent à elles, ne se défendent plus. Sur une des chaises est assise Mercedes, qu'on appelle Mechita, une jeune fille au pâle visage, aux longues mains, joliment coiffée, en robe bleue, je m'approche d'elle - un sourire d'ange se répand sur sa figure, un sourire enfantin et charmant. Elle a l'air d'une voyageuse de première classe déchue en troisième sans s'en apercevoir. Como esta? Muy bien, Señora y usted? Es mucho tiempo que esta aca? Yo no sé, dit elle. Elle réfléchit et elle questionne en regardant l'infirmière. Un año? Elle semble une de ces petites saintes dociles, d'une si grande innocence prête à tout ce qui leur est demandé ou d'un animal confiant et faible. Elle est diaphane, elle est d'une si grande faiblesse que lorsque l'infirmière lui demande de se lever elle obéit - essaye de dresser, mais ses longues jambes minces fléchissent et doucement elle s'effondre par terre en souriant et en se tenant par les deux mains aux mains de l'infirmière. Elle rassemble ses forces et arrive à se tenir debout, haute et mince, pareille à une de ces jeunes filles visionnaires. Je m'imagine voir sur ses pâles mains les stigmates, et je pense avec effroi de la voir, à table, à coté de ces de ces folles déguenillées et puantes, de penser aux nuits innombrables, innommables. Je pense à sa famille, comment ont-ils pu se débarrasser de cette jeune fille. Si elle déraisonnait, peut être sa présence dans la maison de ses frères et sœurs trouvaient des difficultés à se marier. Il fallait dissimuler devant les voisins la présence de la démente de laquelle il fallait à tout prix se défaire comme d'une chaise défoncée, d'un meuble qui ne servait plus, pire: d'une charge, d'une bouche en plus, d'une dépense sans retour - jamais elle ne rapporterait rien. Ici elle est une des meilleures - peut-être (j'aime à ma figurer) est elle plus heureuse ici qu'elle ne l'était là-bas. Un vent froid déplace les saletés sans déranger les mouches dans les vastes cours parmi les groupes de femmes incolores, et immobiles, voici que s'approche El Toro, cette folle née à l'asile qui parait 60 ans et qui en a 24, sa tête congestionnée et violacée aux yeux minuscule repose sur un corps difforme et incompréhensible. Sa tête semble posée à l'envers comme ces têtes au cou en carton posées sur des bonbonnières anciennes. Elle ne parle pas, dans ses cheveux crasseux elle tient nattés des os. De temps à autre elle beugle avec une force si grande que sa figure en reste violette en permanence. Une des portes de la vaste cour est en permanence surveillée par elle. Dès qu'elle la découvre ouverte, elle court à toute vitesse et la referme avec fracas, chose qui se répète 100 fois par jour à la grande joie des autres malades. Pourtant, même cet être est aimé par un autre. Une autre vieille, une millénaire, toute ratatinée, Agrippina, l'aime comme une fille, l'embrasse, la peigne à sa manière, l'appelle "mi nena". El Toro ne reconnaît personne, elle existe comme une pierre, comme un taureau dont elle porte le nom. Éloignée du monde et des êtres, aliénée au vrai sens du mot. Car le mot "folle" dans cette ambiance prend un sens multiforme. C'est le seul mot que je n'aurais jamais cru pouvoir entendre dans cette ambiance, mais il est prononcé continuellement. Combien de fois j'entends l'infirmière réprimander une malade intraitable en lui disant, si tu ne fais pas cela je croirai que tu es folle ou une malade jeter le mot fatal à une autre. Ce qui me fait penser à cette maison de rendez-vous dont me parlait G. où la sous-maîtresse, lorsque les filles étaient trop bruyantes, tapait dans ses mains en leur criant: mes demoiselles, mes demoiselles, tenez-vous correctement, vous n'êtes pas ici dans un bordel...

C'est parler corde dans la maison d'un pendu.

  

  

Alfonsa a de grands yeux reconnaissants pour lui avoir permis de rendre des services, de traverser avec moi et l'infirmière toutes les salles et être ainsi transportées vis-à-vis des autres malades sur un autre plan, un plan supérieur, puisqu'elle a sur elles comme des décorations visibles et pesantes, pliants, sac de travail et appareil photographique m'appartenant. Ainsi aura-t-elle à l'avenir le prestige d'avoir été élue et distinguée, la pauvre Alfonsaen noir, qui, la première fois que je la vis se débattait sur un lit d'hôpital, la figure bleuâtre, en convulsion, retenue par 3 infirmières dans une de ses crises épileptiques. La tête était renversée, on ne voyait que le blanc des yeux, de sa bouches sortaient des râles. Lorsque les 3 infirmières eurent enfin terminé la lutte pour la retenir elle était exténuée d'une extrême faiblesse.Elle pouvait à peine marcher. Aujourd'hui tout celà semble oublié, elle est mentalement saine, d'une grande politesse, fraternelle et bonne pour les plus misérables qu'elle. Je voyais sa joie lorsque de temps à autre me retournant pour voir qui était derrière moi pour me regarder dessiner et en la voyant j'étais tranquille, tandis que d'autres m'effrayaient ou me dérangeaient. à me protéger de la curiosité des autres malades qui se réunissaient autour de moi pour me regarder dessiner. J'ai toujours un grand public admiratif: que lindo, que ricco, qué mano tiene para dibujar! Arrivé en bas de mon dessin, aux pauvres souliers, une spectatrice s'écrie que c'est ceux-ci qui sont le plus ressemblant. Les modèles eux-mêmes sont, comme les normaux, presque toujours un peu froissés, mécontents, trouvent que leur portrait est peu ressemblant, mais que le portrait de l'autre est identique... Dans la salle des excitées il y a une ancienne maîtresse d'école dans sa camisole de force. Elle parle beaucoup, elle dit pour me recevoir qu'il y a déjà assez de folles dans l'asile qu'il n'y a aucun besoin de nous y ajouter, elle continue sur la politique, elle dit qu'elle est militaire, elle a des yeux mauvais et étincelants dans une figure blême, son chaleco (camisole de force) est dénoué, ce qui lui fait des mains comme des avirons chiffonnés prolongés par des bandes que traînent par terre. Elle parle sans cesse, se met en colère, se tranquillise, change de sujet en regardant ailleurs, reprend le thème de la politique, prononce un mot qui déclenche en elle une fureur subite et terrifiante. Elle se met debout, hurle, ses yeux sont effroyables, des yeux de serpent. Julia ne s'effraye pas, la fait reculer, se rasseoir. Il commence à faire sombre, à faire froid. Il y a à présent à coté de moi, cette jolie jeune femme d'abord si insolente qui a pris confiance et qui raconte gaiement de son mari auquel elle a fendu le crâne et de sa nona de 6 ans - je l'imagine dans sa vie antérieure, sa vie à laquelle elle retournera peut-être, bien habillée, froide, câline, indomptable, sensuelle. Je demande à l'infirmière de voir ma vieille connaissance, celle que je vis le premier soir, alors que l'été battait son plein, qu'il faisait une chaleur tropicale, humide, torride et qu'une nouvelle lune mince et renversée était couchée dans un ciel bleu foncé. Dans la salle 10, celle du fond, derrière un soupirail, il y avait une figure pointue de tuberculeuse aux immenses yeux cernés, au nez pointu et aux joues creuses. Elle était en chemise, elle regardait ce ciel d'été et elle chantait à tue-tête d'une belle et forte voix. Une autre fois une conversation s'était engagée, amicale et sans façon, mais un peu plus tard elle était devenue bruyante, grossière et obscène. J'avais demandé à l'infirmière de l'éloigner et ceci avait fait monter en elle une rage fascinante à observer, comme de voir monter le liquide d'un thermomètre. A vue d'œil son nez devenu plus pointu et toute  sa personne plus maigre, elle avait commencé par vociférer pourquoi je ne lui avait pas demandé de partir à elle, directement où elle avait raison, pour ensuite s'attaquer à l'infirmière. Je voyais qu'

au début dans une de ses furies, elle devait certainement frapper, jeter des objets, essayer d'assommer son adversaire. Cette envie lui avait été enlevée, mais rien ne limite son langage sans contrainte et elle lui donnait libre cours. L'infirmière habituée à tout la laisse dire, ne se fâche pas et obtient d'elle qu'elle s'éloigne sans employer de la force. Je lui fis visite aujourd'hui. Elle dormait sous une couverture recouverte de mouches, mobiles et immobiles, mais dès que l'on l'appelât, elle se réveilla, semblait contente de me voir, sautait sur ses pieds, demanda: quiere aver el mi nuevo sombrero? Oui, j'étais très désireuse de voir son nouveau chapeau, et, soulevant son mince et sale matelas, elle en tire un vrai et authentique bonnet phrygien rouge, qu'elle se pose sur la tête, l'arrange bien, se met un manteau vert et nous suit dans la cour. Non, non, pourquoi - comme une dame qui fait mille façons - me fatiguer pour la dessiner? Mais plus tard quand je reviens le lui demander elle accepte. Elle s'assied sur une chaise en face et très près de moi, le plus je me rapproche de mon modèle, le plus il me semble le posséder. Un de ses immenses yeux dans lesquels nageaient les pupilles noir était contusionné par une lutte, une chute, un coup de poing d'une infirmière? - Son nez très pointu, avec au bout ce petit plateau carré - une grande bouche garnie d'assez belles dents, des joues creuses tout en plans et perché sur sa tête ce bonnet de la liberté - Tout de suite, assise, elle commence à parler - bien parler, d'un grand intérêt, d'un niveau tout à fait inattendu. Je sais que ce débit est pour impressionner et qu'elle sait faire de l'effet, mais je défie la plupart des gens, intelligents et cultivés à pouvoir déclamer ainsi sans y être préparés pendant une demi-heure. Voici son monologue. Elle se saisit et un peu farouche et déclamatoire, elle dit:

 

Monologue de Maria del Germond:



J'ai eu un père qui était tout pour moi - el mejor del mundo - il était pour moi mon père, mon frère, mon ami, mon camarade, mon guide, tout. Je ne suis pas née de deux personnes mais d'une, car mon père était ma mère et ma mère était mon père et tout ce que je suis je l'ai acquis de cette personne unique qui était mon père et ma mère. Mon père était un animal, il était un chat, ma mère était la lumière. Car elle était une vivante morte, une morte vivante. Encore aujourd'hui je vis entièrement avec elle. - Passe la Hermana. - C'est elle ma mère depuis que moi-même je suis morte (peut être à interpréter depuis qu'elle est à l'asyle). Elle est la mère de l'ombre, l'autre, la vraie était la mère de la lumière. Elle n'est pas devenue religieuse parce qu’elle avait commis des fautes ou parce qu'elle voulait échapper à des tentations ou à des vices, c'est parce qu'elle me cherchait moi - son enfant. Il y a aussi, mon frère que j'ai beaucoup aimé, qui était plus pour moi que mon père, il est mort à 24 ans, j'en avais à ce moment 22 (réflexion) non, 21 ans!

Tous nous sommes pareils, ceux qui ont de l'intelligence, ceux qui n'en ont pas, les pauvres, les riches, les bons, les mauvais, les mal habillés, les bien habillés - tous nous sommes égaux.

Je dis cela et bien d'autres choses parce que je suis entièrement libre. Je ne suis pas enfermée et je n'ai besoin de rien, j'ai tout ce qu'il me faut, je fais ce qui me plait, je suis toute puissante, je suis libre.

Pendant que vous faites mon portrait, je fais le votre. Je regarde en vous comme vous regardez en moi.

 

Quelle que chose d’étonnant que même dans un asile d’aliénées, chaque femme y emporte son atmosphère, son climat  de ce bien-être relatif, d’irritabilité ou de dispute pour un rien. Combien peut-on ici faire d’études sur le rythme, la technique de la dispute. Celle qui par une parole formulée par elle-même comme un auto vaccin se met en colère, en profère des autres qui augmentent cette furie qui va en augmentant, ne peut plus être arrêtée comme une digue par laquelle les flots se précipitent dans un espace. Les eaux montent, grimpent, rien ne les arrête, elles débordent tumultueuses, démontent tout cet être. Ainsi l’arrivée de cette autre en natte, riante et brune sortie d’un tableau de Breughel. L’éclat de voix l’a attirée. La première est en train de vociférer contre les étrangers, la politique, l’injustice. Les yeux de serpent deviennent en acier, un point d’acier avec sa lumière dans une fente. Elle gesticule avec ses mains encapuchonnées, elle est menaçante, on sent ses poings qui savent taper dans leur gaine. L’autre s’approche, discute d’autre chose et ce n’est que le ton agressif qui fait éclater la dispute entre elles. C’est le ton, c’est l’intention d’être blessant qui blesse, qui incendie, qui fait éclater les colères, les furies. Vite commencé et vite éteint. Détourner son regard suffit à détourner son esprit. Un peu plus loin se trouve une autre qui semble un jeune indien très brun aux grands yeux noirs trop rapprochés en camisole de force aussi. Je commence à la dessiner et je vois avec étonnement qu’elle me prête son visage sans difficulté, et sans bouger ses yeux fixés sur les miens, son regard ne divulgue rien, mystérieux comme tout de ces êtres dont les mobiles et les conséquences sont incalculables, imprévisibles. Il s’établit cependant quelques minutes plus tard un lien, un contact débile entre nous ; Elle ouvre la bouche et en découvrant de grandes et belles dents blanches, tout en souriant, elle émet des sons. Ha, he, hi, ho – ho hi ha ho – je ne puis m’empêcher à l’imiter et ainsi nous vocalisons ensemble.

 

Dans la steppe appelée jardin, il y a une forme habillée de chiffons incolores en paquet sur un banc qui est appuyé contre un arbre. Cet arbre est fonctionnaire aussi. Grand garde malade impassible et invincible : la folle en camisole de force est attachée à cet arbre par deux fortes bandes – elle a la figure grossière d’une prostituée slave et en lui adressant la parole je découvre qu’elle ne parle pas la langue du pays, qu’elle est donc doublement aliénée : pas seulement mentalement, mais aussi par l’idiome. Peut-on bien être plus seule, plus séparé du monde ? C’est comme ce symbole de la solitude auquel j’ai souvent pensé : un cheval. Il est attelé, il tire, il travaille, il rentre au logis. (je parle ici d’un cheval européen), il est attelé, il tire, il travaille, il rentre au logis. Jamais il ne parle de ses affaires chevalines avec aucun de ses compatriotes – il ne fait que les voir de loin quelques fois pendant son travail. C’est cela la vraie, la grande solitude, la terrible aliénation.

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On comprend à cette lecture, les sentiments et les obsessions qui n'ont jamais quittés Mariette Lydis. Souvent expansive dans ses discours, elle a aussi toujours été discrète sur sa situation personnelle. Ainsi les photos rangées dans ses albums étaient-elles corrigées, par quelques traits d'encre de chine pour amincir le cou, ou un peu de gouache blanche pour améliorer un bras dans un souvenir de son 80ème anniversaire. Elle explique avoir été mariée 2 fois, mais elle à changé trois fois de nom! Pour l'exposition de New York en 1936 comme dans le Crapouillot en 1951, elle a donné de fausses dates de naissance, d'où cette incertitude 1887, 1890, 1893? son certificat de décès seul nous confirme 1887. Mais ici cette phrase où elle réfléchit sur la famille, les frères et les sœurs... que l'on peut rapprocher de son texte dans sa monographie de 1945 (p 15): "Je me demande si mon intérêt, mon inclination pour tout ce qui est infirme ou malade d'esprit ne vient pas de deux impressions que j'ai reçues, toute petite, l'une d'un être qui a eu une grande influence sur ma formation spirituelle, que j'aimais tendrement et douloureusement. Elle avait un défaut physique qui transforme une existence. (*1) ... L'autre impression, d'une toute autre nature, était celle d'un frère, beaucoup plus agé que moi, arriéré et difforme. Le souvenir que je garde de lui me remplit encore d'anxiété. Il m'effrayait par son aspect, on le tenait séparé de moi. Je me souviens qu'il écrivait des poèmes enfantins, héroïques et religieux. Un peu plus tard mes parents décidèrent de l'éloigner, de l'interner et on évitait de parler de lui devant moi. Quelquefois, ma mère partait pour toute la journée. Elle ne disait pas où elle allait, mais je le savais très bien en voyant ses yeux tristes... J'ai travaillé dans beaucoup d'asiles d'aliénés, dans beaucoup de pays différents: à Monbello, près de Milan; en Grèce; à Fez, au Maroc; à Sainte Anne, à Paris. Je prenais des notes assise à côté d'un pauvre lit, luttant contre une odeur nauséabonde qu'on retrouve dans tous les asiles du monde. En général, mes modèles ne s'apercevaient pas de ma présence."

La confirmation du décès en 1932 de son frère interné, ne lui viendra qu'en 1968, par une lettre d'une parente restée en Autriche.

*  Probablement sa soeur Edith Ronsperger.

 

 

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Published by worlddream - dans Mariette Lydis
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commentaires

Dreamer 06/02/2016 09:13

Mariette a également participé en mécène, à des fondations en Argentine. Elles figuraient en bonne place dans son testament. Et certaines en témoignent encore en 2014, que de pensées réjouissantes pour elle. voir le lien.

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