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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 09:31

Comme sur Wiki  cet article est une ébauche, première version, que je complèterai jusqu'à enlever cette mention. Version 28/12/2011. 

 

 

 Parmi son recueil de nouvelles paru en 1970, Le Treizième César [voir la lettre de HM à JS de janvier 1962 ] est la nouvelle dont Montherlant a choisi de donner le titre au volume.

Dans une publication dont on retrouve le texte en ligne, Christian Lançon, mentionne les signes avant coureur que l'on pouvait ressentir à la lecture de cet ouvrage, et mentionne l'importance du livre qui a en partie façonné la vie de Montherlant, jusqu'à sa mort: Quo Vadis.

J'avais parcouru ce livre trouvé dans les quelques livres de jeunesse de mon père, mais ce gros volume relié, d'aspect vieux n'avait pas davantage attiré mon attention, je voulais maintenant en savoir plus. quo 1900 revue blanche

 

La première question: quelle pouvait être la version lue par Montherlant, en consultant le livre (et le site) de H de Meeûs, dans la bio, j'avais quelques infos, difficile d'en savoir plus dans la Pléiade puisque le tréizième César est paru en 1970 donc après le volume des Essais, peu de chose dans l'Album, je ne suis pas allé voir le sans masque de Sipriot (j'appréhendais une nouvelle histoire sordide), donc j'ai questionné et c'est finalement Monsieur Pierrre Duroisin (*1)  qui m'a orienté, d'abord Montherlant précise qu'il a reçu ce livre de sa grand mère en 1904, le Quo Vadis de Sienkiewicz était traduit du polonais au français par  Kozakiewicz  et Janasz  et publié en 1900 à la Revue Blanche(*2) , une édition expurgée pour la jeunesse en 1901 aux éditions Lethielleux et  chez Flammarion une édition illustrée par Jan Styka à partir de 1901 puis en volume en 1904. 

 

 Une pièce de théatre en est produite par Coquelin Ainé dès 1901 au Théatre de la Porte Saint-Martin, Sienkiewicz reçut le prix Nobel en 1905. A partir de là, c'est une série de publications pour tous publics: Garnier, Hachette à la bibliothèque verte, Nelson en 1913, Ferenczi avec sa propre traduction reprise par Albin Michel,  d'autres traductions qui ont même fait l'objet d'analyses et de thèses, les éditions se succèdent encore actuellement: livre de poche, GF, etc.(*3)

 

quo vadis Théatre porte st martin 1901Quo Vadis ? a obtenu le plus grand succès, non seulement dans la patrie de l'auteur, en Pologne, mais encore dans tous les pays où ce roman a été traduit.

Mis à la scène à Paris, Quo Vadis ? obtiendra la même faveur que dans le livre. L'ouvrage garde toutes ses qualités tour à tour charmantes ou tragiques. Nous irons tous suivre les intrigues amoureuses entre Vinicius et Lygie; nous applaudirons l'intrépide Ursus; nous haîrons puis aimerons Chilon Chilonidès qui, de fourbe, devient martyr, et nous saluerons la superbe figure de l'apôtre Pierre.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'une oeuvre de Sienkiewicz est adaptée au théâtre. Le plus remarquable et le plus heureux des adaptateurs de Sienkiewicz est certainement le célèbre acteur anglais Barret(*4). Quo Vadis ? a été joué à Londres avec grand succès.

Plusieurs dramaturges polonais ont mis également à la scène les trois épisodes du célèbre roman national Par le fer et par le feu, aussi populaire dans les pays slaves que Quo Vadis ?

 

 

 

L'histoire? Je transcris ici "Le pitch" de la pièce tirée du roman par Emile Moreau, tel que paru dans le programme illustré par Maurice de Lambert. Partie musicale de Francis Thomé, Orchestre et choeurs sous la direction de M. Louis Laporte. Résumé par "Cinos":

 

  Il est difficile de suivre, dans un résumé, les multiples évènements qui se brodent autour de l'émouvant amour de Vinicius et Lygie.

Vinicius est un jeune tribun militaire, impétueux et sentimental; il a pour meilleur ami Pétrone, le fameux historiographe de la décadence romaine. Vinicius est enthousiaste, prompt à prendre des partis extrêmes; Pétrone est indulgent et sceptique. Pétrone ne croix pas aux dieux de l'Olympe, mais les respecte parce qu'ils sont amis des arts et de la volupté.

Vinicius s'est épris de Lygie, jeune princesse lygienne qui, faite jadis prisonnière avec son peuple, a été adoptée par l'austère Aulus Plautius. L'amour de Vinicius pour Lygie est d'abord tout païen: pour le tribun, Lygie n'est qu'une jolie femme désirable, - et il la désire de toutes ses forces.

Un jour Vinicius et Pétrone vont chez Aulus Plautius et le jeune homme peut approcher à nouveau Lygie pour lui faire entendre qu'il l'aime. Mais il ne le saura que plus tard, Lygie est chrétienne comme l'épouse de Plautius, Pomponia. Et la religion de Lygie interdit à celle-ci d'écouter les propos empreints de libertinage païen de l'ami de Pétrone.

Que va faire Vinicius? Pétrone, qui se soucie assez peu de la liberté et de l'honneur d'une femme, demande à Néron, qui n'a rien à refuser au poète et au courtisan, accède.

....

....

 

 

Si la grand-mère de Montherlant proposa cette lecture à son petit-fils, c'est aussi à la lecture des recommandations qu'elle pouvait lire dans sa presse: "recommandée par M. de Marolles, le très autorisé président de la corporation des publicistes chrétiens. Elle était depuis longtemps réclamée et attendue. Le succès de Quo Vadis vient de ce qu'on y a vu une magnifique apologie du christianisme."  (Edmond Biré dans le Correspondant).

"Qu'il l'ait cherché ou non, son beau roman aura été pour beaucoup de coeurs le plus persuasif sermon du siècle."  A Baudrillat dans Univers).

 

Le fait est clair que La Revue Blanche, nettement marquée anticléricale et dreyfusarde, voir anarchiste, a fait ôter par Janasz les paragraphes de réflexion chrétienne et du conflit avec le peuple juif, présents dans l'original polonais. La version expurgée même "recommandée" de Lethielleux n'a pas le caractère d'origine qui aurait pu considérablement changer la vision qu'en ressentit Montherlant. (*6).

Si on relie celà à la référence que fait Montherlant de sa lecture de Grandeur et Décadence de Rome édité à partir de 1906 en France en traduction (plutôt mauvaise d'après NRF) de l'historien italien G. Ferrero, lui même fortement contesté pour une  interprétation très personnelle et originale de ces temps, il serait possible de dire que toute l'oeuvre et la vie de Montherlant ont été construites sur des sources faussées.  

 

EDITIONS DE LA REVUE BLANCHE, PARIS 1900. Format in-8°, livre relié 645 pp.,  Traduction de B. Kozakiewicz et J.-L. de Janasz.

 Quo vadis ? est un roman historique de Henryk Sienkiewicz, publié en feuilleton dans la Gazeta Polska à partir de mars 1895, et traduit pour la première fois en France dans la Revue blanche. Quo vadis ? dépeint les persécutions que les chrétiens ont subies sous Néron au Ier siècle en racontant l'histoire des amours d'un patricien, Marcus Vinicius, et d'une jeune femme chrétienne, Lygie, surnommée Callina. Le titre évoque la question qu'aurait posée saint Pierre fuyant Rome et rencontrant Jésus-Christ portant sa croix : « Quo vadis, Domine ? » (« Où vas-tu, Seigneur ? »). Sienkiewicz transpose en fait l'oppression russe sur la Pologne alors divisée, le tsar représenté par Néron voulant convertir les catholiques uniates à l'orthodoxie. Sienkiewicz, lors de ses séjours en Italie, se réunissait en effet avec des résistants polonais à Rome dans une chapelle sur la via Appia, lieu où aurait été prononcé le Quo vadis. Quo vadis ? vaudra à Sienkiewicz de recevoir en 1905 le prix Nobel de littérature . Les sources littéraires du roman se retrouvent dans les actes de Pierre et Acté d'Alexandre Dumas, roman historique sur la concubine de Néron.(*5)

 

Editions Lethielleux. 1901 Nouvelle édition expurgée à l'usage de la jeunesse. Traduction de B. Kozakiewicz et J.-L. de Janasz. Broché. 617 pages.

 

Les Ed. catholiques P. Lethielleux, ont publié en 1901, une étude de Orazio Marucchi pour accompagner sa version "expurgée pour la jeunesse". Cette "sorte d'introduction populaire qui puisse faciliter à la généralité des lecteurs l'intelligence du milieu dans lequel se développe le récit."

 

Aussi Chez Garnier en 1905; bibliothèque verte, Nelson, ...Voir l'album ------>

 

 

 

 Commentaires sur le film version 2001 et le roman ...

 

 

 

  /*1    Pierre Duroisin     Montherlant et l'antiquité Liège 1987 

 

 /*2  Présentation du livre par Janasz l'un des traducteurs dans le numéro 166 de "La Revue Blanche" 1900 qui publiait un extrait.

 

La revue Blanche des frères Natanson    dont le secrétaire était Félix Fénéon  responsable également de la maison d'édition, jusqu'à son transfert en 1903 à Eugène Fasquelle (devenu éditions Charpentier et Fasquelle en 1905).

 

Le livre de Bourrelier sur la revue Blanche 2007

 

 

 /*3  Une étude de Maryline Vogel sur Quo Vadis ? est indispensable pour une synthèse actualisée (2003) sur le sujet.  

 

 

/*4 Wilson Barret

 

 

 /*5  Cette origine des sources proférée par Brunetière est contestée par Daniel Beauvois (poche 1983) en particulier en citant H. Sienkiewicz qui affirme n'avoir lu ni les Martyrs de Chateaubriand  ni Acté de Dumas mais ne nie pas l'Antéchrist de Renan.

 

/*6 L'étude de Marja Kosko "La fortune de Quo Vadis ? de sienkiewicz en France" a la particularité d'être effectuée assez tôt (1934) pour avoir pu contacter une partie des acteurs de l'édition (Félix Fénéon par exemple) et par une étudiante polonaise, qui a comparé ligne à ligne les différentes traductions et l'original.

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Published by worlddream - dans Montherlant
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