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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 09:08

J'ai su d'une mère japonaise qui disait à ses cinq enfants très aimés, lorsqu'ils s'absentaient: surtout ne m'écrivez pas, je ne veux pas m'émotionner.

Quelle sagesse!

Il est en général désagréable de recevoir des lettres.

         Les unes sont sans aucun intérêt, les autres en ont de trop et vous laissent l'appétit éveillé, une envie d'en entendre davantage, ou d'être à l'instant même à portée de la main de votre correspondant. L'un et l'autre vous laissent un peu le coeur débordant, la langue paralysée et la main vide.

         Il y a encore de celles que l'on porte avec soi pendant des jours, des semaines. Il serait prudent de ne jamais plus en recevoir de cette personne, il se peut que jamais il ne pourra dépasser le bonheur que cette missive vous a procuré.

         On la lit, on la relit, jusqu'au jour où elle a perdu sa séduction, sa puissance. Elle est usée, elle ne donne plus son charme, son pouvoir s'est éteint, elle est fanée.

         Une lettre arrive, elle a un visage. Elle est là, apparemment inerte, isolée de son entourage, elle vous observe, elle vous attend. Je la considère à mon tour, peut-on si fier?

         Je la regarde de loin. Je ne l'ouvre pas, je ne m'en approche qu'avec précaution, quoiqu'elle ne saurait plus s'envoler. Elle est voyageuse, mais à l'heure qu'il est, elle est captive, arrivée au but de sa mission.

Elle vient de loin pour se poser inocemment sur ma table.

          Je ne lis immédiatement que les lettres ou indifférentes ou désagréables, les autres je les soigne, je les garde, j'y pense pendant la journée, mais je ne les lis que la nuit, au lit. Les lettres devraient être lues comme elles ont été écrites: lettres de jour, lettres de nuit.

          Et les vieiles missives que l'on garde! Les lettres dont on ne peut se séparer, moins encore les détruire; qui sont, lorsqu'on les relit ou anodines, ou indifférentes, elles vous produisent une brûlante douleur.

          J'avais ainsi pendant de longs mois un îlot dans un de mes déménagements. Des caisses de lettres que je regardais avec angoisse. Impossible de les lire, impossible de les garder, impossible de les détruire. Une forteresse inattaquable et indestructible. Alors un jour je trouvais le sol déblayé: un être qui savait tout de moi les avait fait disparaître sans me consulter. Je lui en ai été reconnaissante comme d'une action héroïque.

          Ne gardez jamais des lettres. Elles changent, ne produisent plus l'effet d'actualité, elles ont perdu leur éclat, leur message, leur souffle.

Mais sachez! Un morceau de papier peut briser une existence.

Heureusement pour nous, les collectionneurs, Mariette  conservait ses correspondances. Mieux après coup elle a restauré de mémoire certaines des premières lettres adressées à Montherlant, afin de reconstituer leurs échanges qu'elle comptait éditer. Mais à la lecture de cette "confession" on apprend aussi que nous n'aurons pas la trace des lettres de ses parents, probablement un tas manquant dans les combles de l'immeuble parisien. Probablement Giuseppe qui devait être l'être qui la connaissait le mieux, nous a fait disparaître l'histoire de son père à La-Chaux-de-Fonds et de sa soeur à Florence, sa Mère à Paris, ses tendres amies d'enfance à Vienne ou Grünenwald, ses deux premiers maris en Hongrie et au Pirée, tourner la page avant son départ pour l'Angleterre et le début de sa quatrième vie à Buenos-Aires.

Ces petits morceaux de papier, elle les a beaucoup disséminés. Ses proches en ont conservés, qui se retrouvent parfois et peuvent justifier sa conclusion: Marguerita Wallman, Marie Stiasny,  Erica, Julia, enfin Abrisqueta ont toutes reçu des traits d'amour et des jets de reproches parfois cruels.

Correspondance
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 08:23

Encore un note à la machine dans les "files" des archives Mariette. En marge, de sa main

Argentine 1948

Mariette Lydis, raconte, avec recul ses rencontres, ses sentiments, elle observe les nouveaux citoyens avec qui elle sympathise dans son nouveau pays depuis son arrivée en juillet 1940 et les décrit dans ses petits textes comme elle les "croque" à la mine de plomb ou avec ses aquarelles.

 

Une visite.

 

J'avais désiré cette amitié depuis longtemps déjà. J'avais l'impression d'une famille de qualité non commune. J'en avais connue une autre. Celle-là vivait en Hollande sur un des vénérables et superbes Grachts. C'était dans les environs de Buenos Aires, dans une belle Quinta ancienne, où j'étais en ce moment. Dans cette famille presque tous sont grands et forts, les femmes des Walkyries créoles, mais de tonalité claire, les hommes religieux, cultivés, amant de livres. A tel point que je découvris le maître de maison, lorsqu'il me faisait le première visite et que j'étais occupée à autre chose, absorbé à lire soigneusement chaque titre de chaque livre sur la table à coté de mon lit. Cela m'amusait fort et m'inquiétait un peu aussi: à peine parti je me précipitais pour voire ce que le hasard avait rassemblé sur cette table de nuit. Lui, professeur éminent, patriarcal, quoi que jeune encore, elle claire, irréprochable, d'une haute intelligence, d'une moralité réfléchie, sans tare, fille d'un père qui fait la gloire d'un pays, supérieure et accessible, une femme de classe. C'était une soirée d'été orageuse lorsque j'arrivais, il y avait là plusieurs personnes et dans le fond on voyait sous de vieux arbres beaucoup d'enfants, filles et garçons, presque tous de la famille. Lorsqu'une fois par an toute cette famille est réunie, il y en a de 80 à 90. Quelques enfants venaient dire bonjour, les autres continuaient à courir, à sauter, à passer et à repasser à cheval, ou à bicyclette. Les petites filles en bombachas, les cheveux au vent, se tenaient sur les chevaux comme sur leurs jambes. Elles naissent sur les chevaux. Il y avait aussi l'éducatrice de presque tous ces enfants, une personne qui jouit ici d'une position exceptionnelle.

Beatrix vient vers moi: voulez-vous voir tuer un chat?

Je vous avertis pour que vous ne vous effrayez pas si vous entendez tout à l'heure des cris effroyables. Je ne comprends pas tout de suite, "tuer un chat"? Non, non, Dieu, je ne veux pas le voir et je vous prie même de ne pas le tuer du tout. Je vois en même temps une joyeuse cohue d'enfants armés de bâtons, de pierres, de pelles. Le chat, terrifié, est caché sous un pont. On se prépare d'allumer une flambée d'un coté pour l'obliger à sortir de son abri, pour l'assommer avec pierres et bâtons. C'est à cela que l'on m'invitait, pour m'amuser. C'est cela que cette mère exceptionnelle permet et organise pour ces enfants... L'éducatrice dit en souriant "le corbillard est préparé".

Une visite.
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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 15:06

Pâle enfant,

fleur chétive des bois,

je connais le lieu où poussent tes racines, C'est le lieu de la première solitude

vivant, immobile

au creux de la mémoire.

Dans un temps à la lisière du temps

j'ai senti ton visage ourlé d'humides corolles

rafraîchir les nuits brûlantes de mes lèvres.

 

Je te revois comme alors, fille des brumes,

émerger parmi les algues,

les cheveux emperlés d'eau luisante,

les lèvres obstinées

closes sur le secret

que j'effeuille dans le vent.

 

Sœurs passagères,

blonde et brune flammettes

qui coure deux à deux sur le miroir des eaux,

cette course d'un jour sans nom

soulève-t-elle encor votre cœur

du même rythme inquiétant

qui fait battre mes tempes.

 

Je t'ai déjà vue dans ta parure d'autrefois

douce jeune fille à la figure pensive.

Je t'ai vu promener dans la foule

un regard nostalgique d'ailleurs.

Regarde.

Vois de ce palais la façade translucide.

C'est la vieille lumière s'irisant au fond des fables.

C'est l'ancienne splendeur où s'éternisent

nos songes les plus beaux.

 

Dans votre atmosphère d'images

je vous retrouve tous,

Vous qui parcourez mes distances intérieures

pour recouvrer au delà des vastes plaines de l'oubli

cette lueur d'éternité qui descend

sur l'arbre premier et la première extase.

 

Susana Giqueaux.

 

Les feuilles, soigneusement dépliées, sont conservées dans des chemises mal identifiées. Je découvre des noms, des dessins, des mots crayonnés. En recherchant l'auteur de cette page écrite à la machine adressée de Conception del Uruguay mais non datée, j'ai trouvé une présence dans un lot de la revue AMISTAD de 1958-1961, derrières les noms de Jean Cocteau, Jules Supervielle, Susana M. Giqueaux, qui se trouvent dans le même dossier.

Mariette a t'elle fait la connaissance de Suzanne Matilda Giqueaux lors de son édition illustrée de Jules Supervielle dont Susana a édité une traduction de poèmes en 1965 dans la collection des éditions Cuadernos Julio Herrera y Reissig ? Descendante de la famille des banquiers Rabiot de Mesle par sa grand mère, elle est décédée à l'âge de 100 ans en 2004.

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 14:46

Ma quête d'informations sur Mariette Lydis, alors que l'internet n'était encore que peu développé, m'avait convaincu d'adresser un message au musée des Beaux-arts de Buenos Aires. Quelques mois plus tard, j'ai reçu un premier mail d'un visiteur assidu au musée. Jorge devenait mon correspondant de collection. Son premier plaisir fut de m'adresser une photo d'un tableau qu'il est fier d'avoir pu acquérir. Ces fameuses tulipes, alors en apprenant son combat après son accident, et pour lui transmettre avec toute mon amitié, mes vœux de courage et de rétablissement, car notre recherche et ton œuvre ne sont pas terminées, j'ai encore besoin de toi, je t'adresse cette photo de fleurs ouvertes pour Pâques. A bientôt mon cher ami.

Photo du 6 avril 2015  et juin 2003
Photo du 6 avril 2015  et juin 2003

Photo du 6 avril 2015 et juin 2003

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:35

Comme on le devine, le collectionneur doit être riche. Souvent le banquier qui réussit le devient et protège ses placements dans les œuvres d'art, et la raison du succès d'un banquier est sa discrétion. Il me fut très difficile d'identifier la source des moyens importants dépensés par Erica Marx, fille d'un riche collectionneur, je livre ici quelques éléments de ma recherche. Les années ne sont pas si anciennes, les archives ne se laissent pas consulter si facilement.

Hermann Marx serait de la famille de Karl (jusqu'à présent je n'en ai que des affirmations) mais des signes comme le fait de l'association avec Nelke d'un Philips qui pourrait être l'oncle de Marx.

Il est décédé le 24 Août 1947, laissant un héritage considérable à ses enfants (Erica, Ursula et Robin). On trouve 1807 objets légués au British Muséum.

C'est cet héritage (vendu en partie par Sotheby's 24 mai 1948) qui permit à Erica de financer en 1951-1952 sa maison d'édition d'Aldington, à l'origine créée avec Mariette Lydis à Winchcombe en 1940 Hand & Flower Press. Une seconde vente chez Chrities au décès d'Erica le 23 juin 1976 comprendra un livre d'heures revendu 192 000$ en salle encore chez Christies le 29 novembre 2000 . Les propriétés de Cobham-Surrey (Fairmill, 6 Cedar avenue) et la vieille ferme Farm Place d'Ockley (comprenant plusieurs centaines d'hectares) furent vendues par Knight, Frank and Rutley ou transformées en fondation charitable. http://www.britishlistedbuildings.co.uk/en-290329-farm-place-ockley-surrey/map#.VrHPNI1IhPY .

 

Hermann réalise sa fortune à la vente de ses parts dans la Banque Cull et CO lors du décès d'un des quatre associés Gilbert Russel en 1942 qui a conduit à la cession à la Morgan Grenfell , filiale anglaise de JP Morgan US, rachetée en 1990 par Deutsche Bank.  Ref: Ultramar: A Golden Adventure, Paul Atterbury,1985. The Life of Ian Fleming, John Pearson, 1966. Ian Fleming, Andrew Lycett, 1995. The pride of Lucifer Dominic Hobson 1990. 

11 Throgmorton Avenue, Bishopsgate, London Siege de Cull &Co et depuis Deutsche Bank of London

11 Throgmorton Avenue, Bishopsgate, London Siege de Cull &Co et depuis Deutsche Bank of London

D'abord jeune employé dès 18 ans dans la banque Nelke, Philips & Co, puis associé avec Paul Nelke qui partageait ses goûts pour les œuvres d'art, il créé, pour participer à la réorganisation d'après guerre, en 1921, une nouvelle banque d'affaires avec le gendre de Nelke, Gilbert Russel (le fils de Lord  Arthur Russel associé par ailleurs avec Vickers et Jack Churchill), Anders Eric Knös Cull et Hugh Leonard Micklem (autre financier et grand collectionneur d'art). On trouve ces informations entre autre grâce au témoignage de Ian Fleming qui fut leur employé en 1933.

Les affaires des quatre associés entrainés par Hermann Marx, furent fructueuses, ils investirent dans les recherches pétrolières et s'engagèrent avec des partenaires eux mêmes grands aventuriers et grands collectionneurs au bon moment: l'arménien Calouste Gulbenkian enrichi dans le pétrole d'Irak, la British Celanese dans la chimie des nouveaux textiles, la recherche pétrolière vénézuelienne avec capitaux anglais et des investisseurs sud africains des mines d'or comme Cecil Rhodes et  Charles Rudd chez Ultramar PLC depuis 1935, auprès de l'irlando-américain Alfred Chester Beaty dans les mines d'or et de cuivre.

 

Chester Beatty, peinture par le gendre de Hermann Marx, Colin Colahan. (Musée C Beatty)

Chester Beatty, peinture par le gendre de Hermann Marx, Colin Colahan. (Musée C Beatty)

Pour terminer cet article, je ne peux que faire remarquer, que les réussites de l'activité des immigrés en Angleterre dans les milieux de la finance, s'ils ont été le fruit de leur habileté dans la prise de risque, s'accompagnent aussi des profits dans les placements sur les valeurs nécessaires dans divers conflits: à commencer par la guerre des Boers en Afrique du Sud autour des mines d'or, puis la première guerre mondiale, jusqu'à la seconde guerre avant la guerre froide. Dans tous ces cas les services de renseignements britanniques sont particulièrement intervenus en surveillant leur activité, voire en les soupsonnant sans apporter de preuves. Paul Nelke en 1913, Ian Fleming en 1933, et les notes de police sur la fréquentation entre Erica Marx et Una Avery (femme du pro-nazi John Amery exécuté pour trahison en décembre 1945)  qui ont laissé des traces dans les archives du MI5 dévoilées en septembre 1999.

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 18:19


Lettres à Robbie.

Travail de préparation par Mariette Lydis.

 

Des pages extraites d'un livre déréglé, rassemblées dans une chemise faite d'une simple feuille d'épreuve de gravure, marquée au dos «OSCAR WILDE».

C'est le témoignage d'une étude d'illustrations de Mariette Lydis sortie de mes boites d'archives. La présence d'une plaquette pour « the American British ART CENTER » de New York avec le programme des expositions de la saison 1941-1942 pourrait indiquer que le travail date de l'arrivée de Mariette Lydis à Buenos-Aires et de sa réception par l'ambassadeur d'Angleterre lors de son exposition à la Galerie Müller.

 

Les pages sont extraites d'une édition de Madrid 1929 et concernent le volume XII, le dernier, des œuvres complètes de Wilde « Obras escogidas » :les lettres inédites. (*1)

 

Mariette en 1940, venait juste d'arriver en Argentine. Elle découvrait probablement la langue et peut-être avait-elle été tenté, pour apprendre l'espagnol, de se procurer dès les premiers mois un ouvrage de ce genre.

La lecture de ces lettres pouvait correspondre à l'état d'esprit dans lequel se trouvait Mariette, éloignée de son amie Erica Marx qu'elle avait laissée à Winchcombe et alors qu'elle écrivait des phrases émouvantes dans son journal.

 

Comme à son habitude, on trouve les lignes soulignées pendant la lecture, quelques pages marquées d'une croix (normalement celles retenues finalement pour les illustrations parmi celles qui l'inspiraient le plus).

Comme nous ne connaissons pas de séries de dessins liés aux lettres d'Oscar Wilde, nous nous contenterons de reprendre les textes. Nous les rapprocherons par la suite de la version Gallimard de 1966. (*2)

 

Cette correspondance avec Robert Ross (Mi querido Robbie) est produite par Wilde lorsqu'il est emprisonné à Reading suite à sa condamnation pour atteinte aux bonnes mœurs, séparé de son épouse et de ses enfants, puis dans son refuge en France près de Dieppe à Berneval-sur-mer avant d'en être chassé par l'ennui, et rejoindre Bobbie à Naples et d'aller finir sa vie à Paris. (*3) J'indique les têtes de chapitre et les numéros de page, le lieu et la date de celles contenant des phrases soulignées elles-mêmes en gras , du livre espagnol de 1929, (texte de la traduction espagnole de Carmen de Mesa, sélection et notes de Ricardo Baeza).

Oscar Wilde

Lettres de la prison de Reading sept 1896 (Gallimard: novembre)

  • P33 Parece como si me hallase mejor en mucas respectos, y voy a ponerme a estudiar el eleman. Realmente, la carcel me parece el lugar adecuado para un estudio semejante.  Enfin je vais entreprendre l'étude de la langue allemande; il me semble que je sois ici  dans l'endroit tout indiqué pour ce travail.
  • P34 Mi tragedia ha durado demasiado tiempo; su apice pasoya; su su desenlace es mezquino, y de sobra se tambien que, cuando llegue el fin, volvere como un visitante importuno a un mundo que ne me necessita. Ma tragédie personnelle a beaucoup trop duré, son point culminant est passé, son dénouement est plat et je suis pleinement conscient du fait que, lorsque ce dénouement se produira, je reviendrai en visiteur importun dans un monde qui n'a aucun besoin de moi.
  • P35 En ciertos lugares, nadie, sino los locos, tienen permiso para reir ; y, aun en el caso de los locos, es una infraccion al reglamento ; de otro modo, creo que podria reir... En certains lieux nul n'a la permission de rire, excepté ceux qui sont véritablement fous et encore, même dans leur cas, c'est une infraction au règlement; sinon,  je crois que je pourrais en rire...
  • p40 … Huelga decir que éste no debe salir de tus manos, pero podrias conseguir que Mrs. Marshall te enviase una de sus dactilografas - las majeres son las mas indicadas para estos casos, pues carecen de toda memoria para las cosas importanctes - a Hornton Street o a Phillimore Gardens, para hacer esta copia bajo tu vigilencia. Te aseguro que la màquina de escribir, tocada con expresion, no es màs molesta que un piano tocado por una hermana o una parienta cercana. A decir verdad, muchos aficionados al hogar doméstico la prefieren al piano.  Je vous assure que la machine à écrire, si l'on en joue avec expression, n'est pas plus désagréable à entendre qu'un piano qyand c'est une soeur ou une proche parente qui en joue. A vrai dire, un grand nombre de ceux qui sont le plus attachés à leur foyer préfèrent même son bruit à celui du piano.
  •  
  • P41 A decir verdad, Robbie, la vida de la prision nos hace ver las personas y las cosas como son en realidad. Y esto es lo que le convierte a uno en piedra. A vrai dire Robbie, la vie de prison vous fait voir les personnes et les choses comme elles sont réellement. C'est pourquoi cette vie vous transforme en pierre.
  •  
  • P42 Vivimos porque nos expresamos. Entre las muchas y muchas cosas por las cuales debo dar gracias al Director, ninguna le agradezoo màs que este permiso para escribir a mis anchas y con la extension que se me antoje. Durante casi dos años, he llevado dentro de mi un peso creciente de amargura, del que me he libertado ahora en gran parte. Al otro lado del muro de la prision, ay unos pobres arboles, emegrecidos por el hallin, que se disponen a cubrirse de brotes y retonos de un verde casi penetrante. Yo se bien lo que les sucede : estan encontrando su expresion. Sempre tuyo, Oscar Nous vivons parce que nous nous exprimons... De l'autre côté du mur de la prison, quelques pauvres arbres noircis de suie sont en train de se couvrir de bourgeons d'un vert presque perçant. Je sais parfaitement ce qu'il leur arrive: ils trouvent leur expression.
  •  
  • P43 … me voy acercando a ese equilibrio de espiritu en que se piensa que todo lo que sucede es para bien. Je puis dire en toute sincérité que j'en arrive à cet état d'esprit où je pense que tout ce qui m'advient est pour le mieux.
  •  
  • XXV Châlet Bourgeat Berneval-sur-mer
  • p97 (20 de julio 1897) los titulos no sirven mas que para cuestiones hereditarias.
  • P105 (Beneval Martes, 24 de Agosto) Yo tampoco le he escrito ; estoy indignado con él por su merquindad y su folta de imaginacion. Je suis profondément peiné par sa mesquinerie et son manque d'imagination. (*4)
  • P110 la note *** de la lettre à Robbie Hôtel Royal des Etrangers Napoles (Martes , 21 septiembre de 1897) Comprendo que seré desgraciado en muchas ocasiones, pero le quiero aùn, y quizàs precisamente porque ha destruido mi vida. « Je t'aime parce que tu m'as perdu »**, es la frase final de un cuento de Anatole France que figura en el libro Le puits de Sainte Claire ***, y es una terrible verdad simbolica. (*5) Gal Page 312: Certes, je serai souvent malheureux, mais je l'aime encore: le simple fait qu'il ait ruiné ma vie me porte à l'aimer. "Je t'aime parce que tu m'as perdu" est la phrase qui termine un des contes du Puits de Sainte Claire - le recueil d'Anatole France- et c'est une terrible vérité symbolique. note "L'Humaine Tragédie" 1895. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65906z/f13.image.r=anatole%20france%20puits%20humaine%20tragédie.langFR
  •  *** En efecto, el ultimo capitalo, El Principe del Mundo, de la seccion titulada La Humana Tragedia, termina con esta palabras, todas las cuales diriase tienen aplicacion a Wilde en este caso : « Y Giovanni contemplo a su comparñero, hermoso como el dia y la noche. Y le dijo : « Por ti sufro y es a ti a quiem amo. Te amo porque eres mi miseria y mi orgullo, mi alegria y mi dolor, el esplendor y la crueldad de las cosas, porque cres el deseo y el pensamiento, y porque me has heche semejante a ti. Pues tu promesa en el Jardin, alla en el alba de los dias, no era vana y he probado el fruto de la ciencia, oh satan ! » Y aùn dijo Giovanni : « Sé, veo, siento, quiero, sufro. Y te amo por todo el mal que me has hecho. T amo porque me has perdido ». E inclinandose sobre el hombro del àangel, el hombre lloro. (Le puits de Sainte Claire, 1895, p. 244). Giovanni (à Subtil ...) "Je sais, je vois, je sens, je veux, je souffre et je t'aime pour tout le mal que tu m'as fait. Je t'aime parce que tu m'as perdu" et en se penchant sur l'épaule de l'ange, l'homme pleura.
  • p123 XLIII (Villa Giudice, Posilippo Lunes 15 nov 97 ou 8 nov ) (*6) Por Reggie he terrido noticias de tu discusion con cowley. Cuéntame detalles, pues me divierten mucho las originalitasdes de los burros. Gal p349 J'apprends par Reggie vos "assauts d'esprit" avec Crowley! Dites-moi tout ce que vous savez de lui. J'adore les détails sur les ânes
  • P125 XLIV (16 nov 1897) Las gentes le trazan a uno planes de vida razonbles, bellos y sensatos, a los cerales solo se puede reprochar una cosa : que son muy apropiados para ellas. Vous savez quels beaux, sages, et intelligents programmes de vie les gens vous proposent; vous n'avez rien à dire contre eux, sauf qu'ils ne vous conviennent pas.
  • P 127 XLV (? 7 oct 1897) Villa Giudice. Smithers sabe distinguir cuando se trada de malos vinos y malas mujeres, pero en cuestion de libros no es mas que un triste obrero. Smithers s'y entend parfaitement en vins de mauvaise qualité comme en femmes de mauvaise vie; mais, en question de livres, il est tristement incompétent.
  • P132  (villa Giudice 24 nov 1897) … ; y, si es posible mejorar un verso que esté bien, es puento menos que imposible mejorar uno malo. Le récit est donc amélioré, bien que la poésie ne soit pas bonne; mais s'il est possible de corriger une bonne strophe, il est presque impossible d'en corriger une mauvaise.
  • P137 6 dec 1897 …, creo que soy un problema sin solucion. ... - et, comme je l'ai dit à More, je crois être un problème pour lequel il n'est pas de solution.

 

Oscar Wilde

*1 Biblioteca Nueva, Madrid, 1929. Colección Obras Escogidas, (vol. XII) 297 pg. 8º Establecimiento Tipografico de El Adelantado de Segovia. 

Il s'agit d'une première édition des lettres préparée par Robert Ross lui-même mais interrompue par son décès en 1918, et reprise en édition de deux petits volumes "After Reading" en 1921 et "After Berneval" en 1922 de respectivement 27 et 30 lettres, Ricardo Baeza lors de la traduction fit ici en complément des oeuvres complètes la première édition de ces 94 lettres.

*2 L'édition Gallimard parue en 1966, en deux volumes, est la traduction d'un énorme travail de Rupert Hart-Davis: "The Letters of Oscar Wilde" , 1962.

*3 Décès de Wilde : Hôtel d'Alsace Paris ("L'Hôtel" 13 rue des Beaux Arts),  30 novembre 1900.

*4 Cette lettre datée du 24 Août, qui annonce la fin de l'écriture du poême sur la captivité à Reading, a dû avoir une saveur particulière pour Mariette qui constatait que c'était le jour de son dixième anniversaire. L'exemplaire que je conserve est une édition de 1942 illustrée par Dignimont et présentée par Mac Orlan. L'auteur qu'elle avait bien connu à son arrivée à Paris en 1926 lui a dédicacé cet exemplaire en 1947, il écrivait cette préface au même moment où Mariette Lydis explorait les correspondances! Elle qui croyait beaucoup aux signes de la providence comme en témoignent ses ouvrages, "Le trêfle à Quatre Feuilles" en particulier, a dû apprécier ces coïncidences.

 

*5   A l'intérêt de Mariette Lydis pour la note du traducteur, on peut remarquer qu'elle avait probablement lu la version anglaise des dernières lettres de Wilde, et peut-être pris connaissance d'une des versions illustrées des contes d'Anatole France sous le Titre "Le puits de Sainte-Claire":

•Michel Lévy, Paris, 1895. In-12 55 exemplaires numérotés sur papier de Hollande, seul tirage sur grand papier avec 30 exemplaires sur japon.

•Edition publiée en 1903 par Charles Carrington. Fort in-8, 304 pages ; exemplaire enrichi de 21 eaux-fortes réalisées par Martin Van Maele (1863-1932), dont une en frontispice. 330 exemplaires numérotés sur velin du Marais.

•Paris Le Livre Contemporain 1908 Grand in-8. 42 eaux-fortes originales de Tigrane Polat, dont un frontispice, une vignette de titre, 16 hors-texte et 24 entêtes et culs-de-lampe. Tirage unique limité 121 exemplaires numrotés sur vélin.

•Ferroud 1925 In-4 (20 x 27,5 cm) relié. Livre illustré par Georges M. Rochegrosse, en couleurs, nombreux Hors-Textes couleurs sous serpentes, têtes de chapitres, lettrines, culs-de-lampes, 233 pages pour ce tirage du recueil de contes d'Anatole France. Tirage total à 650 exemplaires numérotés, dont 470 sur Vélin d'Arches.

*6 Oscar avait rejoint Bobbie (Lord Alfred Douglas) à Naples et ils logeaient dans la villa Giudice au 37 rue Posillipo sur le magnifique coteau dominant le port.

Baie de Naples - Pausilippe AH Dunouy

Baie de Naples - Pausilippe AH Dunouy

Dédicace Mac Orlan de l'édition illustrée 1942 exemplaire Hors Commerce

Dédicace Mac Orlan de l'édition illustrée 1942 exemplaire Hors Commerce

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 09:45
Nous sommes tous charlie
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 07:22

Article en cours de rédaction.

On rencontre parfois dans les catalogues de ventes de manuscrits, des "lettres de Matisse à Montherlant". En général ces lettres sont une part d'un échange de correspondance entre les deux hommes célébres dans les années 1938-1944, qui aboutit à la parution d'un ouvrage exceptionnel, "Le Phasiphaé illustré par Matisse".

C'est grâce à l'obligeance de Madame Wanda de Guébriant, responsable des Archives Matisse, que j'ai pu prendre connaissance des lettres de Montherlant conservées par Matisse. Le but de cet article n'est pas de retranscrire la correspondance, ce qui serait incomplet puisque ce ne sont que quelques lettres de Matisse ou quelques extraits publiés dans les catalogues qui l'alimentent. Il y a ce que l'un et l'autre ont rapporté, aussi les témoignages des proches dans leurs publications. Enfin l'ouvrage est rare et cher, un exemplaire que j'ai pu consulter chez Blaizot est hors de portée pour un amateur.

On situe à 1938 les premières démarches de Montherlant envers Matisse pour illustrer son conte Pasiphaé. C'est aussi en 1938 que paraissent les premiers tirages de "lino" de Matisse, et ce sera la technique utilisée pour l'illustration du Pasiphaé. Je reviendrai dans un prochian article sur la gestation de cet ouvrage, certainement un must pour les deux artistes, une oeuvre commune de "grands" pour les générations futures, pour laisser trace. S'il est un artiste graphique que j'ai toujours apprécié, c'est Matisse. Ce fut mon premier choix de Maître qu'enfant je retins dans les exercices d'après modèles dont je me souvienne, j'ai d'ailleurs conservé ces modestes essais, le petit guide "Matisse", le tableau moderne aux fameux poissons rouges. C'est aussi à Nice où invité par une parente j'ai été entraîné à visiter le magnifique musée qui lui est consacré. Les livres sur Matisse, ses biographies sont connues mais encore bien des choses sont à détailler sur les évolutions, la recherche permanente d'une expression de plus en plus apurée. Par exemple dans l'illustration et de ses techniques.

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 13:47

Pour information, vient de paraître le numéro 21 des Cahiers Octave Mirbeau. J'ai eu le plaisir d'y adresser un article sur les illustrations préparées par Mariette Lydis pour le Jardin des Supplices. (page 123-131).

Vous le lirez sûrement, et on en reparlera ici.

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 17:34

(Est repris ici le texte de la page avec quelques compléments)

 

 

 

C'est en 1930 que Montherlant voulu faire paraître en édition de luxe l'un de ses premiers textes "les Crétois" .

La transcription de la correspondance avec le directeur des éditions du Cadran, qui s'était proposé d'effectuer ce travail et George Barbier qui avait exécuté les illustrations, peut nous éclairer sur l'intérêt de ce texte prévu sous le nom "La Péri" qui ne parut jamais mais fut partiellement repris dans "Encore un instant de bonheur" de 1934.
Le poème "La péri" est renommé "Chants du cavalier".


C'est en 1929 que le directeur des éditions du Cadran 2 impasse de Conti, Saint Marc Jaffard et son frère Louis, se proposent de produire une édition d'une oeuvre de Montherlant. Producteurs de petites éditions de luxe, Montherlant leur soumet des poésies, extraites d'un essai "Les Crétois" qu'il sélectionne et complète. L'éditeur sollicite son illustrateur habituel Robert Joël, pour la réalisation de bois dans des délais assez courts. C'est finalement George Barbier auquel Montherlant soumettra le texte qui réalisera les illustrations. Mais entre temps la crise économique s'est amplifiée l'ouvrage est retardé, Montherlant propose à l'éditeur d'allonger le texte, de rajouter des illustrations car il veut donner plus de valeur à ce volume. Jaffard n'a plus les capacités financières pour prendre le risque de l'édition, de plus il ne croit pas le marché pret à accueillir l'ouvrage coûteux. Montherlant, après avoir consulté l'illustrateur, fait intervenir la Société des Gens de Lettres pour une résolution du contrat. Jaffard confirmera le 4 février 1933 qu'il abandonne les illustrations de George Barbier réalisées pour "La Péri" en dédommagement de la non publication. C'est finalement Grasset qui imprimera ces textes modifiés et complétés en 1934 dans un recueil illustré par Mariano Andreu, puis chez Rombaldi en 1951 avec les illustrations de Marianne Clouzot, (texte in Romans de la Pléiade), une autre édition de luxe parut en 1954 avec les gravures de Jean Carton. L'illustration de Robert Cami jointe est extraite de la version de 1945 tirée à 545 exemplaires.

L'édition de "Encore un instant de bonheur" de 1934 a été disséquée par Mathilde Pomès dans son petit livre paru la même année: Deux aspects de Montherlant. (les nourritures terrestres15 juin 1934 Paris 500ex. hollande 62p).
Dans son titre "La poésie de Montherlant" elle cite: Gabriele D'Annunzio (L'intransigeant, 1er Août 1926)
"J'ai beau chercher parmi les jeunes écrivains français, je ne vois que Montherlant qui me donne la sensation d'un poète de grande race."
 

ill Robert Cami

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