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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:56

C'est un rite, une habitude, se déplacer à chaque "marché" du livre de Champerret, invité par Jean Izarn, j'y ai fixé rendez-vous à la future relieuse de ma Lettre au Serviteur... pour lui confier ce petit livre. Jean au retour de son déjeuner était très enthousiaste de me présenter son invité.

Depuis plusieurs années, la librairie Chrétien est la plaque tournante à Paris des amateurs des illustrateurs de beaux livres. Les trois ou quatre collectionneurs de Mariette Lydis, peuvent y trouver étagères pleines, et réserve garnie. Puisque j'apprends que si je n'ai pas ses commentaires, j'ai au moins ses visites fréquentes, pour saluer la nouvelle collaboration et les échanges d'informations, j'illustre cette petite chronique d'un des cuivres coloriés de la main de l'artiste, elle-même, comme elle l'incrit sur le collophone manuscrit à la mine de plomb sur papier d'arches, de l'exemplaire HC  de "LESBIENNES".lesbienne-2.jpg

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 18:30

L'adresse officielle des éditions Govone, fondées par le Comte Giuseppe Govone, mari de Mariette Lydis, était 3 rue Frédéric Bastiat Paris 8eme, jusqu'à fin 1938. Le 10 Janvier 1939, dans une lettre à George Macy (*1) directeur du LEC (The Limited Editions Club) il l'invite à la visite de "ses presses nouvelles" situées 28, rue des Tournelles sous le nom "Les presses de l'hôtel de Sagonne, autrefois de Maurice Darantière" SARL au capital de 60000 Francs.  Paris IV, ARC. 58-81.

C'est à cette adresse que travaillaient Alberto Tallone, et Erica Marx. Mariette Lydis et Erica Marx ont quitté la France le 1er Août 1939, Giuseppe Govone ne pouvait plus financer ses éditions à partir de 1937 et en avait confié la réalisation (The Beggars'Opera) à George Macy à New York. Il remet son décompte à Montherlant pour la dernière édition Govone pour "Les Jeunes Filles" le 19 juin 1939, dont seulement 16 exemplaires ont été vendus entre le 1er décembre 1938 et le 19 juin 1939. La correspondance entre Govone et Macy s'est interrompu à cette date pour ne reprendre que le 17 juin 1947 avec Mariette Lydis, à Buenos Aires au sujet d'un nouveau tirage par reproduction photographique, du "Beggard's opera" en Heritage Press.

Dans l'hebdomadaire "Beaux-Arts", nouvelle série, produit par la "Société Française d'Editions d'Art", éditions passées sous contrôle pétainiste au 1er Janvier 1941, il est question du "Musée de la Demeure française" situé Hôtel de Sagonne, 28, rue des Tournelles organisant jusqu'au 19 janvier, une exposition "Portraits et souvenirs de la Malibran".  A cette époque dans ses lettres à Mariette Lydis adressées de Turin, le Comte Govone lui décrit ses soucis avec Tallone et la création en Italie des éditions du Trident avec une impression par Carlo Ferrari à Venise en 1945.

Dans le numéro 2 du journal des Beaux-Arts, daté du vendredi 17 janvier, le conservateur du Musée Carnavalet (bientôt nommé administrateur du Théâtre Français) Jean-Louis Vaudoyer faisait le compte-rendu de cette exposition dans l'ancien palais de Ninon de Lenclos, sous le titre "A propos d'une exposition: La Malibran".

la-malibran-BA-2.jpgUne exposition de portraits et souvenirs de la Malibran vient de s'ouvrir, pour quelques jours, au musée de la Demeure Française, dans l'ancien hôtel de Sagonne.

"Dans le vieux quartier du Marais, sous les hauts plafonds peints de l'hôtel de Sagonne (que construisit Mansard), une exposition est présentement dédiée au souvenir de La Malibran. Elle est fort bien pourvue de portraits et de documents; et l'on doit remercier son organisateur, M. Darantière, l'imprimeur-mélomane, d'orienter notre souvenir, dans ces jours si sombres, vers l'un de ces êtres privilégiés qui n'ont passé sur la terre que le temps d'y former le rêve, la légende qui leur survit." (*2)

... Pourtant ce nom n'était pas le sien, ni son nom de jeune fille: Garcia; ni celui le nom de l'homme qu'elle aimait et épousa: Bériot. Malibran était le nom d'un banquier quinquagénaire (et véreux) avec lequel Marietta s'était aveuglément mariée à 17 ans, en Amérique, alors qu'elle y vagabondait à l'aventure avec son père, et près duquel elle ne vécut guère plus de deux mois.Le mari était mal choisi; mais le nom, point. Marie Garcia le garda; et il est fort possible que Musset n'eût jamais écrit pour "la Garcia" , ou pour "la Bériot", les stances qui ont en quelque sorte garanti l'immortalité de "la Malibran".

...

La Malibran doit aussi la durée de sa vie posthume à la brièveté, à la promptitude de sa vie mortelle. Elle chanta un soir à Paris, à dix-huit ans, et fut célèbre dès le matin qui suivit ce soir-là... De Naples à Londres, de Venise à Paris, de Milan à Bruxelles, elle voyageait avec un délirant pouvoir de faire pleurer les yeux et battre les coeurs. ...  Aujourd'hui, la Malibran est moins un être qui a véritablement existé qu'une créature fictive: la soeur d'Ophélie, la compagne de Lorelei, l'amie d'Ariel...

[Il l'a décrit selon ses contemporains, sur son physique puis son art: ]

... Elle devait à la cruauté de ce maître furibond [son père] la faculté de pouvoir chanter sans dénaturer le timbre ni altérer le souffle, tout en versant des flots de larmes. Elle lui devait aussi l'étendue presque monstrueuse d'une voix qui allait en se jouant du sol grave du contralto au mi suraigu du soprano...

  la Malibran n'était bonne que lorsqu'elle chantait avec toute son âme. .. En romantique-née, il lui fallait la fièvre, la transe nerveuse. ...Musset pleura, Lamartine pleura, le placide Gautier lui-même pleura; et mille autres pleurèrent. ..." [et finalement cite Delacroix dans son journal: ]"... Mais à ce moment-là, Delacroix le reconnaît lui-même, la Malibran était "sublime", et l'inspiration emportait tout.

 

 

 

 

 

Carlton-Lake.jpg*1/  Une correspondance Govone est archivée au Harry Ransom Center, de l'université du Texas [utexas.edu] Austin. Elle provient de la donation du fond privé d'abord puis institutionnel constitué par le collectionneur Carlton Clarke sur le thème: de la littérature et l'art modernes français. Un récit de sa quête se trouve dans ses "mémoires d'un archéologue littéraire" traduction française parue en 1991 chez Seghers sous le titre "Chers papiers". Je puis témoigner effectivement que s'il sont chers au coeur, il le sont aussi au portefeuille, et constituent comme il l'écrit une passion fort peu raisonnable. Cette correspondance sur trois périodes: 1- archive Govone 1930-33 pour le Chant des Amazones, puis 1933 projet Grasset pour une Relève du matin illustrée. 2- archive Macy 1936-1939Editions au LEC d'un Shakespeare   illustré, Mariette est choisie pour 6 illustrations du "Love's'Labour's Losts" par Oxford University Press. 3- archive  Macy 1947-1950 pour un retirage de Beggar's Opera. Dans cette dernière lettre George Macy informe Mariette à Buenos-Aires, qu'en visite à Londres il a découvert l'édition de 1940 à Winchcomb "The Turn of the screw" et évoque l'idée d'une future collaboration. (Cette collaboration aboutira mais après bien des négociations difficiles pour George Macy car Erica Marx se montra très jalouse d'un nouvel usage des gravures, et s'opposa à une simple "reprint").

  *2/ Il semble clair dans cette introduction, que ce n'est pas Govone qui organisait cette manifestation, mais le propriétaire réel des lieux Maurice Darantière. Dans la dernière lettre conservée aux archives Lec, à G. Macy (le 21 avril 1939) Govone, l'invite à visiter "et celle de votre caméra cinématographique" soit ici (28 rue des Tournelles), soit à la maison (55 rue Boileau, l'appartement de Mariette où allait se perdre le colis du Directeur du LEC adressé le 22 novembre 1939 avec les "Three copies of "Love's Labours Lost", and I hope you will be pleased with the book.")

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 08:12
 
Bien entendu c'est sous l'appellation "annemarie" en un mot et tout en minuscules que je conserve cette rubrique, puisque pendant des années, c'est sous cette petite signature des lettres que je l'ai connue.
 
C'est maintenant comme un célèbre écrivain, avec un premier roman qui connu le succès dans son pays, puis dans les années 50, dans le monde entier, car ses romans furent portés à l'écran. Depuis il faut bien le dire, les bluettes romantiques ne font plus recette. On trouve un article dans Wikipedia allemand, on trouve aussi au Canada des sites qui proposent ses livres, mais les collections J'ai lu ou ses éditions Gallimard ne sont plus reproduites.  Est-ce faute d'ayant droit, pour y avoir intéret?
Son fils Michaël, dont les lettres sont régulièrement l'écho est décédé  

 annemarie_selinko_2_large-3.jpg
Annemarie Selinko (September 1, 1914 - July 28, 1986) was an Austrian novelist who wrote a number of best-selling books in German from the 1930s through the 1950s. Although she had been based in Germany, in 1939 at the start of World War II she took refuge in Denmark with her Danish husband, but then in 1943, they again became refugees, this time to Sweden.

Many of her novels have been adapted into movies and all have been translated into numerous languages. Her last work Désirée (1951) was about Désirée Clary, one of Napoleon's lovers and, later, a queen of Sweden. It has been translated into 25 languages and in 1956 was turned into a movie with Marlon Brando and Jean Simmons. It is dedicated to her sister Liselotte, who was murdered by the Nazis.

Bibliography

Ich war ein häßliches Mädchen (I Was an Ugly Girl), Vienna: Kirschner Verlag, 1937; Made into a film, West Germany, 1955.       
     (J'étais une petite  fille laide
Morgen wird alles besser (Tomorrow is Always Better), 1941; Made into a film, Morgen gaat het beter, Netherlands, 1939    
     (Demain ce sera mieux 
Heute heiratet mein Mann (My Husband Marries Today), 1943; Made into a film, West Germany, 1956.
     (Aujourd'hui mon mari se marie - Gallimard - 1949 )
Désirée, 1952; Made into a film, U.S., 1954.
     'Désirée 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 16:01

Mariette Lydis reste très discrrète dans ses articles, comme dans ses textes de conférence, sur sa famille, sur sa "vraie" vie personnelle.

Ce qu'elle en dit, reste assez flou même si elle semble se confier.

 

Ses fréquents déménagements, n'ont pas permis d'archiver en un seul lieu suffisamment de documents pour en faire une "maison d'artiste". La propriété de Menaggio, celle de la famille Govone dont elle fut la dernière occupante, fut donnée à la ville. Son appartement de Buenos-Ayres sur l'avenue Cerrito, fut transmis en héritage à Abrisqueta Yuarte sa dernière compagne et ambassadrice artistique. Ce sont les correspondances qui y furent reçues et conservées, qui, par un long décryptage, nous permettent en croisant les lieux et les écritures peuvent permettre parfois de découvrir des pans de vies bousculées. Ces relations des heurs et malheurs de ses parents et amies proches, expliquent sa quête d'indépendance, de vivre au jour le jour de ses succès, mais aussi prudemment se couvrir de discrétion.

Parmi ces nouvelles venant de tous les pays, les premières de chaque série, montrent l'enthousiasme de s'être recontacté, après des années de silence et d'errance, dans ces premières lettres, il y a aussi des nouvelles de ceux qui ont disparus. Mariette avait fréquenté grâce à sa presque jumelle et amie Marie Stiasny, les sorties dans les salons organisées par Génia Schwarzwald, les vacances à la campagne à Grundlsee, les photos des amis où l'on reconnaît Karin Michaelis, les Deichmann  Hans qui racontera cette vie, sa soeur Freya et Disky sa future épouse.

Souvent les lettres manuscrites ou tapées à la machine sur papier pelure "spécial pour avion" en un feuillet très dense, ne sont signées que d'un prénom heureusement fréquemment repris sur l'enveloppe par Mariette, avec la mention "répondu le" pour son classement. Mais rarement une adresse, quasiment jamais de nom de famille. 

Alors ces lettres signées annemarie? qui viennent d'Angleterre, de Danemark, une piste, c'est elle qui donne quelques nouvelles de parents de Budapest, de Prague, cette "annemarie" qui ne figure pas dans les listes d'acheteurs, d'admirateurs, tenues par "YE" la secrétaire de Mariette; il me fallait la chercher comme je l'avais fait pour les Packhoffer, les Erdely, les Stiasny, enfin, plein d'autres. 

Et brusquement parce que j'ai cherché dans un site généalogiste américain, je trouve le lien par la tante de Mariette, la soeur de Eugénie Fischer sa mère. Vous comprenez la difficulté, des noms avec des accents sur des consonnes, des noms de pays qui ont changé entre la Hongrie, la Tchécoslovaquie, certains en Allemagne ou en Ukraine, et je découvre que des juifs le peuvent en se convertissant au protestantisme par exemple, ce qui fut le cas de beaucoup de "juifs intégrés", pour obtenir ou garder des postes dans la fonction publique à Vienne. Ainsi un oncle de Génia Schwarzwald, Isidor Nussbaum est devenu Anton Norst, né entre 1872 et 1877 il avait dans les 35 ans au premier mariage de Mariette et pourrait bien figurer sur les photos, il pourrait aussi figurer sur les photos dans la neige avec les infirmières dans les Carpathes où Mariette a probablement suivi son mari. S'il a survécu à cette première guerre, s'est il exilé en 1938 avec sa soeur et son beau-frère qui sont décédés à Zürich en 1940, et dont Marie Stiasny avec l'aide de Giuseppe Govone a eu beaucoup de mal pour obtenir des suisses de ne pas être remise aux contrôleurs allemands et obtenir de l'ambassade d'Argentine une possibilité d'extradition.

Donc cette branche de la famille c'est par "annamarie" Selinko qu'elle passe, célèbre auteur, fille de Félix l'un des proprétaires d'une ganterie "Brüder Selinko" célèbre à Vienne, dont je vous conterai la suite de l'histoire.

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:06

Dans une enveloppe de septembre 1953 très usée, probablement par de fréquentes ouvertures, marquée "répondu 10 oct 1953" :

Imprimé commercial "G.     XXXXX"  [*1]

Sole Agents in Grece For ...

Anthinai, 22 Sept. 53

  Scarlet-Angel-movie-poster--1952--picture-MOV_f80f85f5_b.jpgQuelle joie de recevoir tt d'abord ta bonne lettre et ensuite ton admirable monographie. [*2]

 

Boy dear and sweet combien de fois ai-je relu ta lettre qui m'a transporté dans un autre monde ou tt était si beau. Que tu t'en souvienne encore me rend heureux car moi je n'ai rien oublié, même tant de petites choses que tu ne mentionne pas. Ce que je n'arrive pas à m'expliquer, c'est pourquoi ni dans ta lettre ni dans ta monographie tu ne fais mention d'une époque qui pourtant selon moi a été d'une importance capitale pour ton ART.

 

N'est-ce pas à FEZ que tu es venue en contact avec ce matériel féminin que tu as su si bien reporter sur la planche.

 

A ton exposition de Milan tu m'avais donné une belle planche d'une fille nue avec des SEINS fais par Dieu lui-même et dont une seule autre Déesse humaine en avait de pareils.

 

Je gardais ce tableau jalousement mais malheureusement quand les communistes grecs ont occupé ma maison, ils me l'ont prise ça a été une très grande perte pour moi. Je n'avais certe pas besoin de cette image pour me souvenir de l'Original, mais tt de même ça m'a couté cher. Si tu as une Copie superflue, envois la moi MOUCHY.   [*3]

 

Je veux répondre à quelques de tes demandes:

Have you got a tummy? No Madam I have not.

Do you like good food? Surely I am but my austère wife does not allow any more than the strict necessary. She is anxious to lose her husband, because I have some high blood pressure.

and the last: No Boy I do not love you, I adore you.

 

Yesterday evening I went with N. [*4] to the cinema they plaid some american Film "SCARLET ANGEL". I must tell you I did not follow the story atall, I was so much taken by the ressemblance of Yvonne de Carlo [*5] with my sweet Boy, specially her mouth and various expression of the play. I was so much taken by that ressemblance that I was talking nonsence to N.

 

 As you see I am gladly giving up being enamoured father and give my entire soul to my eldest BOY. Bt the way I am enclosing on photo of N. ,they say he is much like his father, some fifty years ago. Do you agree?

Boy comme c'est difficile d'écrire une lettre à la machine. On ne peut pas y mettre son Ame, mais si je voulais écrire à la main, tu aurais beaucoup de peine à me lire et je préfère avoir moi la peine que toi.

 

Te souviens tu un soir à Marakesh, après dîner nous étions montés les deux dans ta chambre. Tu t'étais assise dans un fauteuil près de la fenêtre et moi j'étais resté debout près de la porte et je t'aimais furieusement de loin.

 

Te parler de tes oeuvres serait blasphème. Il fut un temps où vivant près d'une artiste déjà fameuse j'avais commencé à entrer dans ton esprit que j'admirais. Maintenant je suis loin mais tt de même sous son charme et tout ce qu'elle fait est Oeuvre de DIEU. Je les montre à tous ceux qui viennent à la Maison, parmi lesquels des peintres et des Ingénieurs, ils sont tous stupéfaits de tant de grâce et d'imagination et je suis tt fier d'entendre  leurs appréciations comme s'il s'agissait de mon enfant. Et en effet ne sont-ce pas là les Oeuvres de mon ENFANT adoré.

 

Boy, je te laisse, mais avant je veux te dire que je t'aime comme on ne peut pas aimer d'avantage et je baise tes mains et ttes tes belles choses.

 

Yours for EVER     Gxxxxx

 

Boy - écris moi si tu peux voler qq minutes à ton travail      je t'aime       Gxxxx.... 

 

 

  Une première lettre avait été adressée à Mariette, un mois plus tôt, le 11 Aout 1953, plus courte, ... 

 

brune.jpgBoy, Sweet Boy. Il y a exactement un an à cette même heure et place je t'avais écrit une longue lettre que je ne t'ai pas envoyée car elle était si mal écrite que tu m'aurais envoyé à tous les diables en tâchant de la lire. [*6]

 

Je t'y disais toute mon affection et tant d'autres chose. Aujourd'hui je me décide à t'écrire quelques lignes seulement pour te répéter la même chose, qu'il n'y a pas une autre personne au monde qui ait pris tant de place dans tout mon être et tu es tjrs dans tes jeunes trente ans, belle, jolie, adorable.

 

Boy je te vois dans le grand tourbillon de tes succès, adorée, dorlotée par toute cette foule qui t'entoure.

 

Dernièrement j'ai eu de tes nouvelles par ma nièce de Buenos Ayres. Comptes tu venir en Europe? Je ne voudrais pas te rencontrer et je préfère que tu gardes de moi la vision d'un G...i d'il y a X ans.  Je préfèrerai t'envoyer mon second garçon N... qui est charmant malgré qu'il montre une certaine ressemblance avec le vieux G...i P...i.

 

Bonjour Boy, Hronia p... et porte toi bien.

Si tu as quelques minutes de tranquilité absolue, prends ta plume et écris moi deux mots.

 

Boy, je t'embrasse avec toute mon Ame;

 

Gxxxx..  [*7]

 

 

*1/ Par discrétion, il ne sera donné ni le nom , ni l'adresse de l'émetteur, seuls restent l'initiale des prénoms ....

 

*2/ surement celle de Viau parue en 1945 à Buenos-Aires en Français.

 

*3/ Surnom "intime" donné à Mariette par ses quelques ami(e)s de jeunesse dans quelques cartes-photo.

 

*4/ Initiale du prénom du fils.

 

*5/ Yvonne de Carlo (1922-2007) Une des très grandes beautés du cinéma et de la télévision, sa très longue carrière elle tourne au cinéma de 1941 à 1990 (90 films listés sur wikipedia) et à la TV américaine de 1953 à 1995 dont deux grands succès des séries The munsters et  Roots. Petite brune aux beaux yeux verts ... comme Mariette.

 

  *6/ Peut être une vague erreur de calendrier l'anniversaire de Mariette c'est le 24 Août , une grande fête fur organisée à  Buenos Aires en 1967 pour ses 80 ans, ce qui fut pour elle un grand plaisir et elle en profita pour adresser des coupures de presse à toutes ses anciennes connaissances (on est ici 14 ans plus tôt).     

  

  *7/  La recherche des noms grecs est difficile sur internet, les changements des prénoms et des noms entre époux et épouse compliquent sérieusement les choses., les prénoms aussi ne sont pas interprétés en allemand et en anglais de la même façon. Toutefois, c'est probablement par son épouse dont j'ai plusieurs lettres, que Gxxx était lié d'amitié avec Mariette comme elle, juive tchèque, mariée à un grec ayant fait ses études d'ingénieur à Zurich. Ils se connaissaient à Milan, d'après ses lettres à Bontempelli, on déduit que son voyage "seule" au Maroc se situe en 1925. Ce sont aussi des souvenirs qui devaient être un sujet de conversation avec Montherlant dans les années 30.

 

Tous les témoignages de ceux qui ont rencontré Mariette Lydis, la décrivent superbe, tous, hommes ou femmes, de tous les pays qu'elle a traversés dans ses longs périples, sont tombés éperdument amoureux, de son physique et de son talent. Dans ses lettres elle ne devait pas non plus les décourager, il est beaucoup plus difficile de les trouver. Les lettres de Marie Stiasny, d'Erica Marx, les petits mots échangés pendant la traversé avec Marguarita Wallmann, ou Elisabeth Janstein, enfin les derniers papiers de Julia Saint et ceux conservés chez elle par Abrisqueta sa dernière "confidente", en donnent la preuve féminine.

 

 

 

 

 

 

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 14:29

Le samedi 3 mars 1945 le Théâtre des Mathurins "Le Rideau de Paris" donnait une petite pièce qui représentait pour son auteur une sorte de renaissance après son activité pendant la période de la guerre et de l'occupation.

 

La distribution n'est pas négligeable: Maria Casares, Gérard Philippe, Claude Piéplu, le personnage de Federigo tenu par Jean Marchat et aussi René Blancard, André Valtier. Avec une mise en scène de Marcel Herrand, et une musique de Georges Auric, exusez du peu.

 

C'est du programme de la "sixième saison" (où Pierre Crespin jouait Le Prince Blanc en remplacement de Gérard Philippe) que j'extrais cette petite présentation :

 

Cette pièce est tirée d'un conte de Prosper Mérimée qui porte le titre de Federigo. Mais Mérimée lui-même reconnaissait qu'il s'était à cette occasion servi d'un récit du Moyen-âge. Une donnée semblable a inspiré de récents films américains. Pourquoi, à de certains moments, des thèmes s'entre-croisent ils en plusieurs oeuvres? C'est sans doute parce-qu'ils correspondent à un besoin du temps, par exemple celui de fuir le réel, ou, au contraire, celui de le serrer de près.

L'auteur de cette pièce n'a pas, à proprement parler "adapté" le conte très court de Mérimée. En plus du titre, il lui a emprunté certaines données de départ; cependant l'idée dramatique n'a pas de rapport aévec la trame charmante et sceptique du romancier.

Federigo est un joueur. Un joueur dans tous les sens du mot. Joueur avec les cartes, joueur avec la vie_ ou plutôt, comme on le verra, prêt à engager sa vie sur un coup de cartes. Quand le rideau se lève, il touche au plus bas de sa courbe.

Une longue malchance l'a conduit dans une modeste maison de campagne, son dernier bien. Il mord avec agacement dans les jours qui passent comme en des fruits verts. La chance reviendra-t-elle? Et sous quelle forme? Sous celle de l'or, sous celle de l'amour? Et par quel détour. Dieu, qui malgré l'apparence reste charitablement à l'affût de toutes ses créatures, le conduira-t-il à abattre ses cartes et à ramasser, enjeu inespéré, le bénéfice de la sérénité - c'est ce que cet autre jeu, ce jeu en trois actes et plusieurs âges - va essayer de vous apprendre.

L'action se situe en Toscane, au début du XV° siècle. Mais ne soyons pas trop rigoristes - plus que ne doit l'être la poésie - sur la vérité historique? Imaginons que nous nous trouvons en un de ces moments spéciaux où les civilisations ont changé de forme, où les anciennes moeurs, les anciennes croyances n'étaient pas encore dominées ni dissipées par les nouvelles. Dans la campagne de Toscane, Federigo poursuivait le gibier pour se distraire, il pouvait aussi bien rencontrer ddes moines très réels et très pieux qu'entendre parfois, ultime écho païen, le galop sourd et désemparé du dernier centaure.

 

L'élégant petit recueil publié à 125 exemplaires (après les 40 premiers sur Arches) sur un agréable papier Alpha gris aux Editions Nagel au premier trimestre 1945, comporte à la suite du texte de la pièce (en trois actes et quatre tableaux), un court message de René Laporte qui précède l'impression du conte d'origine.

(pour information le programme affiche un prix de 8F et le livre 48F)

Cette pièce a été  inspirée par un conte de Mérimée qui, je m'en suis aperçu, est malheureusement peu connu. Mérimée avait, lui-même, pris l'idée de ce conte dans une légende du moyen âge? Le même thème, où l'au-delà joue le rôle, a été plus récemment emprunté par quelques films américains.

Si j'avoue ici ces parents, c'est moins par crainte d'être accusé de plagiat que par désir de faire constater qu'à de certains moments, certains thèmes se rejoignent en des oeuvres diverses, comme s'ils répondaient à une nécessité du temps, par exemple celle de fuir un réel trop absurde ou trop cruel.

Au reste, je pense que le plus honnête est de demander au lecteur de se faire juge. C'est pourquoi je publie le texte du conte à la suite de la pièce. Le lecteur n'y perdra certes pas: c'est parmi les chef-d'oeuvre de Mérimée, un des plus courts, mais non des moindres.

Mars 1945.

Suivent dans une fine police les huit pages du conte extrait de "Romans et nouvelles de Mérimée".

(Vous pouvez aussi l'écouter lu par René Depasse

laporte-dilettante.jpgRené Laporte, toulousain, poète créateur des Cahiers Libres avait reçu les encouragements de Montherlant lors de la réception de son deuxième volume de poésie, L'An Quarante. Il se fit une spécialité d'éditer les surréalistes ses amis dans la maison du même nom. C'est par son intermédiaire que Mariette Lydis fit l'illustration du premier recueil illustré de Montherlant en 1927, tiage à 100 exemplaires avec 5 gravures. La nouvelle "Lettre sur le serviteur châtier", qui sera reprise comme base de son roman "Moustique" et publier à titre posthume par Pierre Sipriot à la Table ronde en 1986. On peut lire une analyse très éclairante de Pierre Duroisin, sur la réécriture de cette nouvelle.

 Les éditions "Le dilettante" ont reédité en été 2012,  une nouvelle de lecture agréable avec une préface de présentation de l'auteur, par François Ouellet, la  situation à Monte-Carlo pendant l'occupation, est un curieux rapprochement avec Charles Orengo. Laporte lui se trouvait à Antibes, voir à ce sujet mes recherches sur Chadourne.  

  *1/  lien sur Maria Casares

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 07:50

Les conférences sont parfois à suivre, non directement pour leur sujet principal, mais parfois pour leurs incidences.

    celib-cha-couv-1.jpgDans ma collection des ouvrages de Montherlant, une édition de 1948 de Plon des Célibataires, me pose le problème (elle n'est toutefois pas la seule) de son format un peu plus profond qui la fait souvent dépasser sur l'étagère. Fréquemment en la manipulant je m'interrogeais sur les photographies, la personnalité de la photographe dont le nom m'était inconnu.

Lire sur Fabula grâce à l'information de Montherlant.be qu'un exposé était proposé sur le thème de la photographie dans cet ouvrage, ne pouvait qu'exciter ma curiosité, et ce mercredi j'ai assisté à cette présentation de l'Ehess dont je remercie l'organisatrice Madame Kim Timby de m'avoir invité "Vous êtes le bienvenu. Les séminaires de l'EHESS sont ouverts aux particuliers intéressés.Nous vous demanderons simplement de signer le cahier de présence."

Pour mieux me préparer à cette audition, j'ai ressorti mon ouvrage, je l'ai d'ailleurs apporté en réunion, je l'ai reparcouru, vérifié un peu l'édition, et me réservais pour les découvertes à venir. J'aurais aussi bien fait de lire soigneusement le sujet de l'exposé de Monsieur Jan Baetens, mais aussi m'imprégner de l'esprit du séminaire en lisant avec attention l'ensemble du programme.

Le titre de la formation sur le sujet de la photographie était Questionner la photographie imprimée : pour une histoire de ses pratiques et de ses usages à l’ère de sa « dématérialisation ».

de la description j'ai retenu "... Nous étudierons les motivations et les innovations techniques qui ont marqué l’histoire de la photographie imprimée, tout comme les pratiques et les usages qui l’ont structurée, nous intéressant aux notions de reproductibilité et de pérennité de l’image ; aux liens entre textes et photographies ; à la commercialisation de ces objets et à leurs publics (visés ou réellement touchés) ; ainsi qu'à la mutualisation des savoir-faire qui marque souvent la conception et la production des objets photographiques imprimés."
 
Le sujet traité par l'exposé du 16 Janvier
"Jan Baetens, professeur d'études culturelles à l'Université de Leuven, Belgique
 L'édition photographiquement illustrée des Célibataires de Montherlant

En 1948, les éditions Plon proposent une réédition (après tant d'autres) du roman à succès (et à scandale) d'Henry de Montherlant (1ère édition : 1934). Cette édition est la première (la seule ?) à avoir des illustrations photographiques, faites par Georgette Chadourne. Dans notre intervention, on se proposera d'examiner ces images en les rattachant non seulement au texte du romancier mais aussi à certains éléments de la culture visuelle de l'époque." 

 

    Nous avions au séminaire de l'ICP déjà eu une présentation de Mademoiselle  Aleide Vanmol, la source des recherches montherlantienne est donc prospère. J'ai rectifié ici, Monsieur Pierre Somvile venant de Liège.

  Présentation du professeur Baetens ici 

Dès sa présentation par Madame Laureline Meizel, et son début d'information , en se décrivant comme non spécialiste de l'histoire de la littérature, ni spécialiste de Montherlant, j'ai pensé que je ne trouverai pas ce jour les réponses sur ce qui intéresse le modeste bibliophile, pourquoi, comment, avec qui, fut élaboré cette édition.

Effectivement nous sommes restés sur notre faim en ce qui concerne le choix de l'éditeur (pourquoi Plon?) l'origine et le choix de la photographe dont la mère ... qui était d'un milieu semi aristocratique pouvait expliquer les relations dans le milieu artistique, dont Georgette Chadourne semble être la spécialiste: Picasso, Gil Vidal, Nicolas de Staël ... Donc ce ne fut pas sur ce plan, où finalement j'esquisserai ma propre hypothèse en fin de cet article, mais sur le vrai thème du séminaire que je devrai porter mes réflexions et mes découvertes.

C'est par l'analyse des photos, par les remarques sur les échanges entre le texte et les photos, que des éléments nouveaux m'ont fait apprécier cet exposé. La démarche se rattache aux rapports photographie/littérature qu'il nous invite à approfondir sur le site PHLIT et sa réflexion tend à nous habituer à une modification du "canon" littéraire.

 

Défenseur de la relation image et texte (il est spécialiste du roman photos), le professeur Jan Baetens nous guida dans une analyse selon ses critères, il s'opposa au dénigrement des littéraires pour des éditions illustrées qui donnent une connotation populaire culturellement dévalorisante, l'affaiblissement d'un texte par son remplacement par des images.

 

En fait ces photos sont de 2 types: des personnages ou des situations visiblement posées, en correspondance au texte, personnage assis de dos,  agenouillé montrant des semelles usées, personnage dans la foret toujours de dos... D'autres des vues de paysages, légendées avec l'extrait de texte qui s'y rapporte: Boulevard Arago, étendue d'eau avec passage d'oies, façades "croûteuses" de rue...(il y a douze reproductions HT plus la première et dernière de couverture).

    C'est la photo du Boulevard Arago celib-cha-arago.jpg qui est une information nouvelle pour moi, en comparant avec une photo de Brassaï Paris la nuit 1932, le même trottoir le long du mur de la prison de la Santé. Aussi la photo de couverture qui représente le bout du mur, au croisement de la rue de la Santé, là où était installée la guillotine jusqu'en 1939, et le décret de "discrétion" de Daladier. (autorisation ADAGP 751423).

 

      Je n'affiche pas la photo de Brassaï du BD Arago que vous pouvez trouver en cherchant sur internet

tapez: Brassai Arago Santé   sur Bing ou Google  ( droits de RMN. merci Tilly)

 

 

Ce message photographique, explique t'il le texte? En tout cas quels lecteurs l'ont ils perçu, pour lesquels cette précision (le quartier, le boulevard est décrit mais pas ce qui s'y passait) a t-elle changé la lecture? 

 

L'édition de 3100 exemplaires, a paru trop importante pour être une édition de luxe, mais je dirais que luxe ne veut pas dire rare, peut être chère suffisait pour les éditeurs, et 3100 est un titrage relativement modeste pour ce succès d'édition que fut ce livre, souvent réédité même après guerre (il était édité en 1934 chez Grasset et fut largement diffusé).

D'après les recherches de Monsieur Baetens, cette édition ne semble plus être connue par les spécialistes consultés, on la trouve dans le commerce ancien à vil prix. Son hypothèse était peut être une vente par souscription.

En conclusion Jan Baetens nous a laissé sur la question: Quel est l'intérêt de cette édition?

Je laisserai, les lecteurs découvrir dans un article qu'il doit produire l'ensemble de sa théorie, est-ce une nouvelle vision de l'inter-modalité qui était tentée par cette édition? la production de quelque chose de nouveau aux parties "non réconciliées" et qui nous renvoie à la réflexion de Barthes entre Relais et Ancrage.

  Voir ici le témoignage d'un lecteur du roman.

Ma proposition est plus simple: Montherlant à cette époque ne pouvait plus compter sur les revenus de nouvelles éditions dont les droits étaient détenus par Grasset, le procès en cours le lui interdisait. Ce fut donc par des éditions que nous dirions "de luxe" ou "livre d'artiste" que d'autres éditeurs pouvaient servir Montherlant. Flammarion avec une édition illustrée par François M Salvat (directeur artistique chez Grasset) avait commencé dès 1944 avec 1100 ex. et dans un grand format 18x23 cm. Quant à Plon, dont Montherlant connaissait bien le directeur Maurice Bourdel qui l'avait déjà édité dans la collection La Palatine avant guerre, il n'est pas surprenant qu'il se soit positionné sur ce créneau, dans ce format ici de 19x24, dont il y a d'autres exemples avec l'édition du Maître de Santiago avec photos d'artistes et dessins de Mariano Andreu à 3500 ex. en 1950 et La Ville dont le prince est un enfant en 1952 également avec des illustrations photographiques et 1500 exemplaires mais dans des formats habituels. 

Voir les diverses éditions sur le site montherlant détail de l'oeuvre.

 

celib-lld-titre.jpg  Il est remarquable aussi que les illustrations HT dans Salvat soient parmi celles reprises par Chadourne: le mur de la Santé, la boulette que l'on ramasse, le vol d'oies, ...  Montherlant les avaient ils "orientés"? Ce sont d'ailleurs aussi ces gravures qui illustrent l'édition plus populaire des Célibataires produite par Fayard dans la collection Le Livre de Demain, populaire mais élégante et dans les règles de l'édition d'art: Vignettes tete de chapitre, lettrines, cul de lampe et pages Hors texte  avec les bois de Renée Benoit(*1), vendu 3F50 en octobre 1936, dans le même grand format que notre Plon avec Chadourne.  celib-lld-sante.jpg

 

 

 

Qui était Georgette Chadourne? De son nom de jeune fille elle était la fille de Blanche Floriet, artiste comme ses soeurs, qui s'était mariée au 5ème duc de Lodi (Francesco Ludovico Melzi d'Eril) de trente ans son aîné, donc une vraie princesse du Music-hall. Les Floriet était une famille de bijoutiers, orfèvres, ce qui explique peut être que Georgette était la fille naturelle et reconnue en 1911 par Sigismond Porgès  et qu'elle eut comme époux en premières noces Jean Elisée Puiforçat-Tabouret le joaillier des années trente. Enfin son nom est celui de son second mari, Paul Chardourne ami des dadaïstes, resté actif dans l'édition et sûrement resté en contact avec l'éditeur des surréalistes René Laporte replié à Antibes pendant l'occupation, justement là où Georgette pu réaliser les portraits de Matisse, Bérard et Picasso dans les années 50.

On peut aussi émettre l'hypothèse que le journaliste monégasque Charles Orengo créateur des éditions du Rocher, futur directeur adjoint de Plon avec Maurice Bourdel comme patron, pouvait mettre en relation sa parente.

 

Une oeuvre éditée avec des illustrations par photographies, c'était un exercice qui n'était pas nouveau pour Montherlant, on peut se rappeler Il y a encore des paradis, Images d'Alger un petit recueil de nouvelles, tirage de 100 exemplaires produit par P&G Soubiron à Alger en 1935, surtout la Déesse Cypris (Extrait de la Rose de Sable) grand format orné de douze études de nus par la grande artiste de l'époque Laure Albin Guillot, tiré à 250 exemplaires dont 200 avec les photos, édité en 1946 par Henri Colas rue des Gobelins à Paris et imprimé par André Rousseau Maître imprimeur à Bordeaux, celui-ci en prenant rendez-vous pour remettre son deuxième exemplaire de tête en mai 1947 demandait à Montherlant des nouvelles de son récent accident. La typographie par Ducros et Colas , les gravures par Georges Leblanc à Paris. Depuis les premiers contacts de Montherlant avec Matisse en 1938, il n'était que question de faire illustrer la Rose de Sable, le roman n'inspirait pas Matisse qui trouvait que la densité des descriptions laissait peu de liberté d'expression à l'artiste illustrateur, il préféra le conte des Crétois et Pasiphaé. C'est alors en 1944, que Montherlant fort impressionné les nus féminins de la photographe, conçu le projet avec Laure Albin Guillot. 

On peut citer aussi l'ouvrage de 1954 de photos de Brassaï: Séville en fête où le texte de Dominique Aubier est préfacé par Montherlant

 

ce texte modifié le 7/4/2013 sera complété, jusqu'à la suppression de ce bandeau.

 

1/  Renée Benoit d'après Jean Etienne Huret "le livre de demain": soeur de Pierre Benoit.

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 08:07

Je termine ici le résumé de mes notes, prises lors du Colloque Montherlant organisé par Patrick Brunel à l'ICP.

Mes recherches en complément de ces compte rendu me conduisent à compléter ou corriger ces articles au fur et à mesure des lectures, j'effectue également quelques corrections lors de réception de courriels, donc n'hésitez pas à commenter.

Il ne sera peut-être pas juste de moins m'étendre sur certaines conférences que sur d'autres, mais il s'avère que ma prise de notes n'avait pas pour but de faire un résumé, mais de relever des points qui m'ont parus nécessiter soit une réaction, soit un approfondissement, servir de références ou de voies d'exploration. Je compte sur la publication des actes pour entrer dans le détail des exposés.

Lors du colloque de la Sorbonne, le professeur Schaffner, qui avait assuré dans ses locaux une partie de l'intendance, était assisté par certaines de ses étudiantes doctorantes dont Marie Sorel. Elle était présente dans cette séance aussi et continuait par un exposé à nous dévoiler les chemins de sa recherche sur le "Jeu". Après la lecture, comparée de Montherlant et Roger Vailland à la Sorbonne, elle nous entraîne sur la lecture comparée de Henry de Montherlant avec Jean Genet à travers leurs écrits quasi autobiographiques sur leur jeunesse Les Garçons et Miracle de la rose, récits qu'elle a qualifié de confessions fantaisistesPar ces rapprochements en lectures comparées, Mademoiselle Sorel nous fait découvrir une démarche d'écriture, une démarche d'embellissement du souvenir qui redonne de l'intérêt à la relecture des oeuvres, et de la suivre dans la lecture d'autres écrivains. Je n'ai pas relevé de qui était cette citation "Ce n'est pas vrai ce n'est pas faux, ce n'est que de la poésie".

 

(à suivre)

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 10:39

Je poursuis les reprises de notes dans mon article de compte-rendu du colloque Montherlant à l'ICP.

Puisque certaines interventions m'ont poussé à d'autres recherches, j'ai approfondi sur les diverses éditions de Don Juan. 

quichotte-1-w.JPGJ'en viens aujourd'hui à la conférence de Monsieur Guy Dugas, professeur à Montpellier III (Paul-Valéry), où se trouvent des archives précieuses, en particulier une correspondance Montherlant-Etienne Burnet. Dans sa conférence Monsieur Dugas (d'après mes notes et le texte sera bienvenu) nous a parlé de "Montherlant et les femmes", c'est précisément un thème qui est la source de ma collection. Son approche dans l'évolution de la lecture de Montherlant entre 1926, et 1930, se fonde sur les correspondances qu'il a parcourues à la BNF et à Montpellier.  Etienne Burnet dont l'épouse était russe échangeait avec Montherlant depuis leur rencontre à Tunis. Il a été fait mention de l'importance de Tolstoï dans les références de leur réflexion, C'est aussi ce que j'avais retenu des correspondances beaucoup plus tardives (1954) avec Banine, et le hasard m'a porté récemment à lire le récit de la fille de Tolstoï sur les relations de ses parents ( article dans Europe juillet 1928 numéro spécial consacré au centenaire de la naissance de Tolstoï),  en reprenant ce spécial j'y trouve aussi un article sur la mort écrit par E Burnet. Est-ce aussi un hasard si  Montherlant fut chargé de la préface d'un Don Quichotte pour l'édition en 1962 du livre de poche (892-893 et 894-895 avec couvertures par Bernard Buffet), alors qu'Etienne Burnet avait produit un essai "Don Quichotte Cervantès et le XVI° Siècle" en 1954, où en bibliographie il précisait "Nous rappelons que la seule traduction complète, exacte et fidèle, en langue française; des admirables Nouvelles Exemplaires de Cervantès, est celle de Jean Cassou (celle de La Pléiade). L'édition de poche reprise de la version de Francis de Miomandre parue en 1935 aux Unions Latines d'édition, puis chez Stock en 1948, était jugée "fidèle dans un style modernisé et familier, en particulier dans les propos et dialogues de caractère populaire. ... Elle laisse une impression d'élégance et de transparence dans l'exactitude." quichotte-2-w.JPGSaura-t-on si un exemplaire de cet essai fut annoté par Montherlant lors de la préparation de sa préface?

Monsieur le professeur Alain Schaffner, nous a entraîné à une lecture des Jeunes Filles, surtout du premier volume qui donne son nom à l'ensemble. Il utilisa le filtre des critères de l'ironie de Philippe Hamon, et fit quelques comparaisons avec Belle du Seigneur d'Albert Cohen. Costals-Solal même combat?. Mon exemplaire 1959 des Romans de la Pléiade correspond page pour page aux reférences des citations.

Et pour illustrer cette intervention dont seule la lecture du texte pourra nous restituer tout l'intérêt, je glisse ici la dédicace de Montherlant du 3ème tome de sa tétralogie à Jeanne Sandelion évidente victime de son ironie. demon-du-bien-sandelion-w.JPG

Dans la continuité sur l'ironie, le travail de Monsieur de Meeûs dans son allocution, a consisté en une lecture studieuse, de relever les personnages secondaires apparaissant dans l'oeuvre de Montherlant, d'en répertorier les groupes d'appartenance, et de nous citer les phrases à effet comique. Un peu une liste des souffre-douleurs, ou des bêtes noires. Ont ainsi défilés: les femmes, les petit peuple, les médecins, les hommes d'affaires, etc... Certaines notations personnelles de Mr de Meeûs n'ont pas manqué d'attirer des sourires ou des grincements de dents, les effets comiques de Montherlant étaient rarement diplomatiques, et nous le ressentîmes bien. 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:48

On joue encore Montherlant, la preuve: à Figeac

 

 

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