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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 18:32

Octave Fluchaire correspondant de Montherlant, responsable  technicien pour Maximilien Vox chez Grasset en particulier il fit la maquette des cahiers verts, 

 

En 1922, Montherlant avait confié son manuscrit de son nouveau roman Le Songe, à Edmond Jaloux. Celui-ci était favorable à la publication par les éditions Grasset, en recommandant toutefois des améliorations sur certaines faiblesses qui lui apparaissent.  C'est Fluchaire qui reprend le dossier, il écrit une fiche de lecture du manuscrit qui entraîne le rejet de l'édition.

Montherlant réclame le retour de son Manuscrit au plus vite afin de le corriger.

 

On sait que finalement Le Songe sera publié en 1922,  Jean Paulhan dans "les fleurs de Tarbes" dresse un tableau des jugements des écrivains contemporains sur le livre qui n'obtient aucun prix littéraire.

Le manuscrit avait été adressé à Edmond Jaloux, chargé chez Grasset de la collection "Le Roman", qui était aussi membre du jury du "Grand Prix Balzac" fondé en 1922 par Bernard Grasset avec l'aide de la fondation du financier Basile Zaharoff. L'instauration de ce prix qui avait comme but, en plus de concurrencer le Goncourt, en distinguant un "jeune auteur non édité", celui de découvrir de nouveaux talents à l'éditeur. Tant les concurrents  du cercle de l'édition, que les critiques qui se voyaient menacés, lancèrent une grande polémique au Prix Balzac. Ce qui amplifia la notoriété du Prix. La remise des manuscrits prévue au plus tard le 1er mars se prolongea jusqu'à fin octobre. Ce fut finalement  le 28 octobre parmi près de 400 ouvrages, que le jury réunit dans la maison de Balzac autour du président Paul Bourget, désigna deux lauréats ex-aequo Jean Giraudoux pour Siegfried et le Limousin et Baumann pour Job le prédestiné. (*)

  Dans une lettre de Juin 1923 à Louis Artus, Montherlant  se montre douteux de la volonté de (Marcel) Prévost de reprendre l'ouvrage édité depuis par Grasset, pour le présenter à nouveau à un prix (prix Femina?).

Mauriac, François (1885-1970)  Lettre de François Mauriac à Bernard Grasset . - [18 novembre 1936]. - Sévère avertissement de Mauriac à Grasset qui plaide pour la réintégration du collaborateur Octave Fluchaire que l'éditeur vient de licencier. Ms 3379 Bibliothèque de Bordeaux

 Sur la personnalité d' Octave Fluchaire on joint un extrait de "Bernard Grasset précurseur" in "Communication et langages, N° 12, 1971 pp. 81-90. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/colan_0336-1500_1971_num_12_1_3905
 
* Revue d'histoire littéraire de la France 83° année num 5-6 spécial Jean Giraudoux, article de Gabriel Boillat p880 et suivantes.  
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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 07:47
Il y a des découvertes à faire en se laissant porter au fil des recherches sur internet.
Depuis la lecture de l'histoire racontée par Ajalbert des amours du Général Boulanger à Royat, j'avais essayé d'en connaitre davantage sur "la belle meunière", ce fut l'objet de mon petit article. De Marie Quinton, la belle Meunière, il y en a peu de traces, par contre je découvrais qu'une jeune actrice, Sophie, portait ce nom, qu'un film où elle jouait le rôle principal, était diffusé en DVD, et j'ai pu trouver une présentation de ce film d'une façon plutôt élogieuse "bouleversant" * "délicat et touchant". Dans ces cas, un passage à la médiathèque s'impose, c'est généralement ma démarche, je consulte le site pour vérifier la disponibilité mais déçu de son absence, je n'ai pu qu'exprimer le voeu de l'approvisionner. 
Les mois sont passés, je ne pensais plus à cette demande, dont les agents de la médiathèque m'ont confirmé la prise en compte.
geneviève casileC'est en fin d'été, que j'ai pensé vérifier en rayon si le film était disponible, je fus contenté et l'empruntai immédiatement. Sa visualisation sur l'ordinateur fut un vrai régal. Les acteurs ont le ton juste, l'histoire battie comme un vrai conte est servie par une image splendide. J'ai repassé plusieurs fois ce film sur le grand écran de mon téléviseur, et nous l'avons regardé ensemble avec mon épouse. Elle a reconnu bientôt dans la mère supérieure l'actrice qu'elle avait admirée dans sa jeunesse, quand sa classe de Français allait à Paris assister à de grands spectacles de théâtre, le rôle d'Inès de Castro dans "la Reine Morte" de Montherlant, où Geneviève Casile recevait le grand prix de comédie moderne et que Maurice Escande la faisait entrer à la Comédie Française qu'elle ne quitta qu'après 30 ans. 
Le "pitch"? je le reprends toujours sur le site d'Amazon par KRIK:
Une jeune religieuse orpheline (Sophie Quinton), élevée dans un couvent depuis sa naissance, apprend l'existence d'un frère et part à sa recherche. Elle s'ouvrira à "la vraie vie".
Du même Gérald Hustache-Mathieu, 'La Chatte andalouse', découvert lors de la première édition du festival du moyen métrage de Brive la Gaillarde, m'avait enchanté. Avec la délicieuse Sophie Quinton également, ce moyen métrage était à la fois simple, original, délicat et, d'une certaine façon, libertaire.
Outre ces mêmes qualités, 'Avril' reprend les mêmes motifs : Sophie Quinton en religieuse qui en vient à faire ce à quoi elle n'aurait pas songé, la peinture (rose et bleue), la nature, une vraie humanité, de la sensualité et de la pudeur, ainsi qu'un humour discret.
Sophie Quinton y joue tout en nuances et révèle son véritable talent. Nicolas Duvauchelle et Miou-Miou y sont également excellents. En regardant ce film, on réalise à quel point tant d'autres sont surjoués, ne serait-ce que légèrement ; il suffit de très peu pour faire comprendre une intention, une émotion, ou pour susciter celle-ci chez le spectateur. Et Gérald Hustache-Mathieu sait diriger ses acteurs dans ce sens.
Un seul reproche, lequel contredit partiellement ce que je viens d'écrire : le personnage de la mère supérieure, assez surjoué lui, et dont l'actrice n'a pas l'âge du rôle.

Ce film est un ravissement. Le terme "délicatesse" lui sied parfaitement. Un grand petit film.
La remarque sur le jeu de la mère supérieure, je ne la partage pas, il est aussi juste dans ce cadre de rigueur parfaitement reconstitué, c'est peut-être aussi parce qu'une scène est reprise en détail dans les bonus sur la version double du DVD, celle que j'ai achetée afin de partager ces beaux moments avec famille et amis.
 Sans déflorer les intrigues, ces critiques sont positives.
* "Bouleversant" (sur Amazon.fr)
Magnifique "petit film" magistralement interprété par un trio d'acteurs hors-pair: Miou-Miou qui nous démontre une fois de plus l'étendue de ses talents, la lumineuse Sophie Quinton qu'on aimerait plus souvent et le lui aussi trop rare Clément Sibony. Tout en retenue et en délicatesse, un long métrage qui nous démontre que pour scotcher le spectateur,un bon film n'a pas forcément besoin d'être truffé d'effets spéciaux, d'action et d'hémoglobine... La rigidité de la religion, la fraternité et l'amitié, la force du pardon sont les thèmes abordés dans cette oeuvre que j'ai adorée.
et le générique de fin  chanté par Carlos Cano "luna de abril"  
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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 19:26

C'est ma troisième participation aux colloques consacrés à Henry de Montherlant.

    Ma première réflexion ira à la reconnaissance que l'on doit à la liberté d'expression de nos amis Belges, à leur ferveur pour la culture et la langue françaises. Si la petite communauté des passionnés de Montherlant peut pratiquer ces analyses scientifiques et ces échanges à fleurets mouchetés, c'est d'abord grâce à leur présence et leur action. A tout seigneur ... je l'ai déjà raconté, monsieur De Meeûs qui eut le bonheur de nous réunir en 2007 à Bruxelles et dont le site montherlant.be s'impose comme "la mémoire" ou la crypte des montherlantiens. Monsieur Duroisin m'étonne par sa gentillesse, la distinction de son expression et surtout sa maîtrise des langues anciennes et des références latines de Montherlant. Mademoiselle Vanmol de Louvain pour sa thèse sur l'origine nobiliaire de grands écrivains se lance à l'assaut dans la langue française des oeuvres de Montherlant et La Varende. C'est aussi de Liège que viendra monsieur Somville pour un superbe décryptage de deux tableaux visités par notre auteur. 

 

    don-juan-mariano-andrieu-w.JPG  La réunion par Patrick Brunel, sur deux jours et demi pour une vingtaine d'exposés, d'une escouade de professeurs, docteurs ou doctorants, qui ont exprimé leur perception des thèmes judicieusement choisis et agencés, sous les feux de quelques amateurs dont je suis et de poètes ou écrivains témoins comme Gabriel Matzneff et Philippe de Saint Robert et bien entendu Jean Claude Barat, nous fit passer à travers l'oeuvre, comme l'a proposé Patrick Brunel dans son programme "Notre colloque se propose-t-il d'embrasser l'oeuvre entière dans une perspective transgénérique". Le but fut certainement atteint. L'imaginaire fut désigné à travers toute l'oeuvre par les citations qui se firent rejoindre par plus d'un intervenant. 

C'est à travers les dissections fines des textes, quelles qu'en soient la forme et les figures que nous avons parcouru une oeuvre construite, solide et conséquente.

Nous sommes passés des oeuvres de jeunesse avec toutes les émotions de la découverte des premières lectures, aux tentatives de diverses expressions, tragiques ou comiques, dans toutes les formes de son art. 

Ceux qui l'ont fréquenté, ont pu témoigner de l'amabilité et de l'intérêt qu'il a pu porter à leurs travaux, ce fut particulièrement ressenti avec la conclusion de Patrick Barriot qui inspira à Monsieur Duroisin la citation comme conclusion, de la dédicace du roman Les Garçons: Aux intelligents et aux sensibles !  l'assemblée, peu modeste, s'est complètement sentie concernée.    

Les actes devraient être édités, peut-être ceux de la Sorbonne (colloque de 2010) devraient ils l'être en début de 2013. Dans la suite de cet article, je vais lister les sujets et reprendre quelques unes de mes notes.

 

 Je commencerai par une présentation des intervenants, (dans l'ordre d'intervention): et comme à la télé, je citerai pour ceux qui publient, leurs derniers ouvrages.

  • Patrick Brunel. Docteur ès lettres (Université Paris IV Sorbonne) Organisateur du colloque, qui nous accueillit et présida la matinée. Interviendra en fin de 4eme demi-journée. 
  • Olivier Soutet. Doyen de la Faculté des Lettres de L'ICP, qui au nom de l'établissement mit à notre disposition les locaux, cette belle salle René Rémond et nous souhaita avec enthousiasme, un bon séjour de travail.  
  • Gabriel Matzneff, Ecrivain à la grande sensibilité, connut Montherlant dans ses années d'étudiant, eu l'honneur de se voir confier la préface du Don Juan dans l'édition Folio thèatre en 1972 sous le titre La mort qui fait le trottoir. Ses derniéres publication (2012):  Monsieur le comte monte en ballon et La Séquence de l'énergumène chez Léo Sherr.
  • Pierre Duroisin Docteur de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège auteur de : Montherlant et l’antiquité, Les Belles Lettres 1987 et divers articles. Aux origines du dernier roman de Henry de Montherlant : Alger dans Un assassin est mon maître dans Lettres Romanes 2007, vol. 61, no3-4, pp. 261-303  
  • Donatien Grau Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, agrégé des Lettres, Donatien Grau enseigne la littérature française et comparée à l'Université Paris-Sorbonne.    
  •  
  • Jacques Lecarme     Professeur émérite de littérature française à l’université Paris III. Dernier livre paru : L’Autobiographie , avec Éliane Lecarme-Tabone (Armand Colin, 2004)et Drieu La Rochelle ou Le bal des maudits PUF 2001. 
  • André Blanc     préside l'après-midi. intervient vendredi apm.
  • Guy Dugas Montpellier
  • Aleide Vanmol Doctorante à l'université de Leuven (Louvain),   
  • Jean-François Domenget présidera la matinée du vendredi. "Montherlant et Les Nouvelles littéraires", « Les Nouvelles littéraires : une idée de littérature ? »  
  • Romain Lancrey-Javal Professeur khâgne et hypokhâgne au lycée Fénelon
  • Claude Coste, U Stendhal de Grenoble III. présidera l'après midi du vendredi
  • Delphine Aebi toute jeune Docteur es lettres de Stendhal de Grenoble III. Déjà présente au colloque de 2010.
  • Alain Schaffner Professeur à l’Université Paris III, Sorbonne Nouvelle Directeur de l’EAC 4400 « Écritures de la modernité » (Sorbonne Nouvelle-Paris 3/CNRS) et de l’équipe « Métamorphoses de la fiction ».   
  • Henri de Meeûs,  Docteur en droit et licencié en criminologie de l'université de Louvain Créateur et gestionnaire du site montherlant.be.http://www.montherlant.be/article-104-demeeus.html
  • Marie Sorel, Doctorante à Paris III Sorbonne Nouvelle (Métamorphoses de la fiction) – Le jeu dans l’œuvre de Montherlant : thème et posture d’écrivain.   
    Article: « Les chevaleries de Monsieur de Montherlant », Revue d'histoire littéraire de la France, n° 4, décembre 2010, p. 953-966.
     
  • Nicolas Le Moigne, DEA Histoire de Mulhouse "le politique chez Montherlant". http://www.montherlant.be/article-103-lemoigne.html
  • Pierre Somville, Docteur en Histoire de la Philosophie (Paris, Sorbonne, 1968), Docteur en Philosophie et Lettres (Université de Liège, 1973), membre de l'Académie royale de Belgique. "Philologue classique"
  • Patrick Barriot, Docteur de Montpellier. Correspondant de Montherlant dans sa jeunesse. "ni écrivain, ni universitaire" mais un homme sensible
  • Clarisse Couturier-Garcia, doctorante en littérature française, à l'Université Montaigne, Bordeaux III, professeur certifiée de lettres classiques.
  •  

Montherlant a publié régulièrement ses carnets (soigneusement expurgés, réécrits souvent, notes de travail et loin d'un journal intime) mais il s'est toujours refusé à la publication des correspondances, même si quelques faveurs furent faites (lettres à Sandelion, à Alice Poirier, ...) quelques échanges transpirent dans les biographies (Philippe de Saint-Robert, Sipriot). Les intervenants à ce colloque en ont mentionnées (avec P Barriot, Etienne Burnet à Montpellier), toutes celles connues se trouvent listées sur le site de M de Meeûs, mais beaucoup restent privées et cachées, quand viendra le jour où la lourde tâche d'une édition commentée sera-t-elle entamée? Ce n'était pas son voeu, et son ayant-droit Jean-Claude Barat le fait respecter, mais ne doit-on pas considérer que la preuve de la vérité est meilleure qu'une mauvaise légende construite sur des rumeurs?

Quelques notes:

Au fil des diverses conférences, et particulièrement celle de Mademoiselle Delphine Aebi,  je me suis aperçu, que la collection des ouvrages ne pouvait se résumer aux éditions originales, aux grands papiers, aux éditions rares illustrées. Gabriel Matzneff m'a décrit sa préface pour l'édition poche collection Folio de Don Juan au titre de La Mort qui fait le trottoir. Cet exemplaire de 1972 que j'ai désormais en main est en soi nouveau puisque "texte revu et corrigé" et "édition intégrale". Ma belle édition Lefebvre illustrée par Mariano Andreu, l'original en Gallimard de 1958 avec envoi ou le relié de Paul Bonet, ont perdu de leur grandeur. Certains livres sont toutefois mythiques pour le collectionneur, c'est le cas du Don Juan "NRF blanche", comme précédemment du petit Malatesta de 1948, car ils étaient pourvus d'une bibliographie "officielle, reconnue" par l'auteur et m'ont servi de guide pour ma quête de bibliophile. (Le Pléiade théâtre n°106 de 1954 1089p, celui de 1965 1110p, ou de 1968 (le mien) ne comportent pas Don Juan, ceux de 1972 et impression de 1995 LIX + 1405p  finalement avec préface complétée par Ph de Saint-Robert, sont complets. Nous attendrons les actes pour relire les détails de cet exposé de Mlle Aebi, mais j'ai noté l'évolution du mythe, les attentes du public, la mauvaise réception à l'Athénée, l'état "excité/enivré" de Pierre Brasseur, la cabale et les excuses tardives de Régis Debray?, l'inconstant être de mouvement, l'alternance, "Souvent homme varie, bien fol qui s'y fit" la relation avec Malatesta pour "le Baroque" qui permet la liberté totale.  On notera que les notes en annexe de Don Juan sont présentes dès la version ordinaire NRF de 1958, sont ajoutés dans les versions 1972 Folio: 3 notes de 1958 à propos du programme, et une note de 1965:

 "Je viens de relire Don Juan, que je n'avais pas relu depuis sa création. Cette pièce qui passa pour grossière ne peut être comprise que par des esprits très déliés et très cultivés: c'est dire que son avenir est sombre. Mais, s'il existait une postérité tout idéale, où les oeuvres d'art fussent jugées selon leur ùérite, Don Juan y occuperait la première place de mes oeuvres de théâtre, à coté de fils de Personne, du Maître de Santiago, de La Ville et du Cardinal d'Espagne." 

  Aussi ajoutées: une liste de "répliques supprimées" et un dialogue "Critiques et réponses", ensuite des appendices: une étude comparative sur "Dom Juan et Don Juan" reprise d'une publication de la table ronde "Montherlant vu par les jeunes de 17 à 60 ans" annoncée dans la bibliographie de 1958, et un extrait d'une thèse sur les relations humaines dans l'oeuvre de Montherlant. On voit par ces divers ajouts que Montherlant l'année de son suicide, soignait dans cette édition "populaire" l'avenir possible de la diffusion de son oeuvre à l'attention des doctes, pour en faire une source d'analyse, ce qui s'est confirmé dans notre réunion du quarantième anniversaire de sa mort. (D'où l'illiustration ce cette note, tirée de l'édition originale datée 1957 par Mariano Adrieu et publiée en 1958 avant la première représentation). 

 

   Cette façon de réfléchir sur son oeuvre dans son oeuvre par la reprise des textes ou sujets dans de nouvelles publications, fut également le thème de l'exposé instructif de Claude Coste: intitulé "quelques remarques sur la réécriture". Nous retiendrons que Montherlant semblant partir d'un nuage, passe du rêve à la maîtrise, que par un travail d'analyse, de réécriture, par le style, la forme, par la réduction pour être plus vrai (coupures) "condenser pour consister", il parfait son oeuvre. Je pensais à sa correspondance avec Matisse au sujet de l'illustration de Phasiphaë, au travail de Matisse décrit par son assistante Lydia Delectorskaya: "Dans le tableau qui progressait lentement, il menait une lutte intelligible par lui seul, trouvant jour après jour, dans ce qui la veille lui paraissait conclus, "par où se glisser dedans , pour aller plus loin". Cette "faille", c'est à dire une retouche ne fut-ce que minime, l'entraînant à nouveau dans des remaniements obstinés de tous les éléments: le dessin, la couleur et la composition." (L'apparente facilité - Henri Matisse - 1935-1939 Adrien Maeght éditeur -octobre 1986)

 Monsieur le Comte de Meeûs avait en mémoire nos récents échanges sur les correspondances avec Mariette Lydis et à son tableau nuages:

nuages-ML-1934.jpg

J'écris lentement cet article, car je reprends mes notes, mais consulte aussi mes livres, voire internet pour quelque documentation. Cela me donne aussi l'occasion de la réflexion et le croisement avec des nouvelles, en particulier celle-ci en regardant "empreintes sur la Cinq" émission consacrée à Edmonde Charles-Roux, celle-ci en parlant de son amitié avec Aragon et Elsa Triolet en 1942 autour de Nice où ils étaient en compagnie de réfugiés, (voir mon article sur René Laporte), elle parle aussi de André Derain dont elle pardonne comme tout à fait dans le contexte du temps d'avoir fait partie du voyage des artistes à l'invitation des Allemands. Ce thème rejoint l'un des reproches faits à Henry de Montherlant (qui lui s'est récusé). Monsieur Nicolas Le Moigne dans son exposé et dans l'échange qui s'ensuivit nous a précisé ne pas avoir trouvé d'éléments dans un maigre dossier d'accusation. La lettre de Montherlant se trouve bien dans les archives en Allemagne sans invoquer aucun empèchement, j'ai émis que la lutte des éditeurs Gallimard-NRF représenté par Jean Paulhan contre Bernard Grasset alors éditeur de Montherlant pourrait expliquer l'amalgame.

 

 

 

(à suivre Colloque 1 Colloque 2)

 

 

 

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 16:49

Les revues de prestige remises aux passagers dans les avions ne sont pas une nouveauté.

Les grandes compagnies ne se contentaient pas de remettre quelques journaux, certaines éditaient leur propres publications réalisées avec soin.

L'agenda du PLM, est un support publicitaire, mais aussi une vitrine des paysages et richesses des territoires traversés, la tribune des célébrités des régions, villes et villages, de leurs conteurs et écrivains.

Quand c'est lors de voyages internationaux, par la mer ou par les airs, que les revues doivent meubler et agrémenter le temps des passagers, il est normal de décrire les pays longés ou survolés, présenter les élites des nations croisées. via-couverture-noel-54.JPG

Aussi pour Noël 1954 la Compagnie Générale Transatlantique dans sa revue "FRANCE Via French Line" avait choisi dans la rubrique "Lettres" de présenter en quatre pages illustrées, l'ambassadeur des lettres, fierté de la France: Henry de Montherlant.  

 

    month-antiques.JPGQuai Voltaire, sous la lumière venant du nord, une vieille maison du XVII°, droite et sévère. On entre par une grande porte cochère. L'escalier sombre, usé, fait déjà partie de l'histoire littéraire: Musset l'a emprunté quotidiennement à vingt ans, quand il occupait une chambre de bonne dans la maison. Au premier, un domestique russe ouvre la porte, s'efface et fait attendre dans une grande pièce austère. Pas de tableaux, rien que des bustes, des statuettes de pierre, de bronze ou de bois. C'est ici que reçoit Henry de Montherlant. Les autres pièces, il y en a cinq, sont du domaine secret. "Je n'ai jamais compris qu'un homme montre sa vie privée, son foyer, ses façons de travailler", dit-il. Cette vie privée, c'est aux yeux du monde celle d'un solitaire. Un mur de silence la protège. Les confidences de l'homme sont rares. Quand il en lâche une, ses lèvres se resserrent aussitôt. C'est par exemple: "Merci, pas de cigarette, je ne fume pas". - "Je déteste la campagne; tout ce que je peux y faire, c'est travailler." Pourtant il a écrit La Reine morte en Provence et     Le Démon du bien à deux cent mètres d'altitude.

month-descaves.JPGCet homme qui a dit "Il faut beaucoup de coeur pour aimer un peu" a-t-il jamais aimé? La question reste posée. Tout ce qu'on sait, c'est que le modèle de Dominique, du Songe, était une jeune camarade de sport. Pendant deux ans, il est allé l'attendre tous les jours à la porte du gymnase. Pour une autre jeune fille, il s'est battu en duel à Tanger, en 1927, avec un médecin qui l'avait guéri quelques semaines plus tôt. Ce qu'on sait encore, c'est son étrange passion pour une jeune Bédouine de Tunisie qu'il rencontra à quatorze ans, au Salon de 1910. Mais peut-on aimer un tableau ?

Quinze ans plus tard, cependant, il quitta tout, sa jeune gloire littéraire, sa maison, sa famille et partit courir pendant sept années l'Afrique du Nord à la recherche de l'incarnation de son amour d'adolescent. On ignore s'il l'a retrouvée, mais la petite Bédouine est devenue l'héroïne de L'Histoire d'amour de la rose de Sable, qu'il ne devait publier que vingt-cinq ans après l'avoir écrite.

 

La solitude de Montherlant, c'est plus loin qu'il faut peut-être en chercher la raison secrète:"Je suis né en tuant ma mère", dit-il. En effet, Mme de Montherlant faillit mourir en le mettant au monde et dut, à partir de ce moment - elle avait alors vingt ans,- vivre en recluse allongée sur une chaise longue. Tout son amour pour la vie elle le reporta sur son fils, quifut élevé un peu comme dans une couveuse.

M. de Montherlant, d'origine catalane, était, lui, plus amateur de chevaux et d'objets d'art que père affectueux. Il n'y eut jamais entre eux la moindre intimité. Sa grand mère maternelle, de vieille souche bretonne, eut beaucoup d'influence sur la jeunesse d'Henry de Montherlant. Janséniste de coeur, ennemie têtue des Jésuites, elle fut pour le jeune garçon une alliée efficace. C'est de ces trois êtres que Montherlant a construit son personnage. Il a conservé le caractère taciturne et espagnol du père, la passion de la mère pour l'existence et les tendances jansénistes de la grand-mère.

      

Montherlant a fait de sa vie un acte passionné, un mélange de caprices d'enfant gâté. M. de Montherlant voulait que son fils aille chez les Jésuites. Mme de Montherlant y était hostile. Henry, lui, rêvait du collège Sainte-Croix, parce que deux camarades intimes devaient y entrer. Il se rétablissait à ce moment d'une appendicite et déclara froidement: "Si je n'entre pas à Sainte-Croix, je ne guérirai pas." Le soir, en secret, il détachait les agrafes  de sa plaie qui évidemment, tardait à se cicatriser.Et M. de Montherlant céda. A Sainte-Croix, Montherlant vit la grande aventure de sa vie. C'est là aussi qu'il écrit sa première tragédie. Elle est presque achevée en 1913 - il a  alors dix-sept ans,- quand il est renvoyé de l'école. Cette tragédie, c'est La ville dont le prince est un enfant. Il ne la publiera sous ce titre poétique, emprunté à l'Ecclésiaste, qu'en 1951, mais refusera de la faire jouer.

 

Ce qui frappe, dans l'enfance de Montherlant, c'est son air grave. En classe, il n'est pas un élève brillant. "Mon grand handicap a toujours été mon manque de mémoire", dit-il aujourd'hui. En classe, il est constamment septième ou huitième. Il n'accède pas aux places d'honneur, mais, tenace, se maintient dans la "bonne moyenne". A dix ans, il commence à écrire. Il se lève en secret, le matin, s'installe à son bureau d'enfant et couvre des pages de son écriture précocement adulte. Il rêve d'édition, relie lui-même ses oeuvres, les orne de frontispices et rédige des préfaces. Ces manies, il les a gardées. Il adore encore aujourd'hui les éditions rares et variées de ses oeuvres et ne manque pas d'accompagner chacune d'elles de préfaces, d'avant-propos, de notes d'auteur. Il a peur que sa pensée soit mal interprétée: il explique.

La phrase-clé de sa vie, il l'a lue, enfant, dans Quo Vadis. C'est l'étincelle qui a éclairé les deux thèmes principaux de sa vie et de son oeuvre: "...Le lendemain du festin où Pétrone avait discuté avec Lucain, Néron, Sénèque, la question de savoir si la femme a une âme..."

Le livre de Sinkiewicz révéla à Montherlant la grandeur tragique de l'antiquité romaine décadente et les bestiaires. "La question de savoir si la femme a une âme" frappa l'enfant élevé par des femmes. Elle devait rester le leitmotiv de sa vie de célibataire endurci et d'écrivain. En 1936, la publication de la série des Jeunes filles apporta une réponse négative aux femmes. Par un goût du paradoxe, celles-ci firent un extraordinaire succès de scandale au livre et à ceux qui suivirent.

A quatorze ans, il découvre l'Espagne et les courses de taureaux. C'est l'enthousiasme:"Enfin, les jeux du cirque", écrit-il à un ami. Désormais, il passe toutes ses vacances en Espagne. L'arène, c'est la spectacle grandiose, c'est l'honneur de l'homme lavé dans le sang. Il veut à tout prix affronter la bête. Il court les "ganaderias", combat des vachettes, s'entraîne avec les matadors. Rentré à Paris, il écrit au directeur des abattoirs de la Villette pour qu'on l'autorise à s'exercer à la mise à mort sur des boeufs. Naturellement on ne lui répond pas. Il se rue alors dans les manuels de tauromachie, ce qui est tout de même moins dangereux. A quinze ans, il participe pourtant à d'authentiques courses dans la région de Grenade. Cette passion tauromachique durera plus de quinze ans et manquera de se terminer tragiquement. C'était en décembre 1925; il revenait de Madrid à Paris par le train. Au passage à Albacète, il aperçoit par la portière la grenaderia de don Antonio Flores, qu'il connaît un peu. Il ne sait pas résister, saute du train dans le crépuscule et part seul dans la campagne. Quand il arrive à l'élevage, il fait presque nuit. Les taureaux sont là, mais il na pas de "capa". Il ôte sont manteau, "cite du pied et de la voix", isole une bête et commence à la "travailler". Quelques passes avec le manteau et, soudain, le taureau furieux fonce sur lui, l'encorne et le piétine. Montherlant ne sait pas comment il a pu se dégager et trouver un camion pour le ramener en ville. Montherlant oscilla entre la vie et la mort pendant des semaines. Il ne garde de l'aventure qu'une cicatrice dans le dos et le regret de ne pas avoir été un vrai matador.

 

 

Le "cas Montherlant", c'est celui d'un homme qui a voulu "être tout" dans une époque où tout le monde choisit. Les influences contraires se conjuguent chez lui dans une attitude, dans un refus perpétuel qu'on appelle de la "pose". Si "pose" il y a, elle n'est pas entièrement volontaire."Et si ce n'était que de la "pudeur ?" écrivit un jour un critique. Sans doute approche t-on ici la vérité. Les célibataires endurcis referme leur vie sur leur secret: c'est bien là une forme de pudeur. Comme ses pièces, sa vie touche au tragique. Les statues qu'il aligne dans la pièce où il reçoit ses visiteurs le défendent contre l'inconnu, comme celles qu'il aperçoit de sa fenêtre dans les salles des Antiques du Louvre. Les statues le défendent aussi contre la solitude. Le tragique de Montherlant est là. Et on pense à M. de Coantré, ce personnage de son roman Les Célibataires hurlant sur son lit de mort: "Madame Mélanie, restez! Je ne veux pas mourir seul!". Montherlant ne morra pas seul, le musée de sa vie l'assistera dans le grand voyage. Il a déjà choisi par testament trois objets pour l'accompagner dans la tombe: un masque visière qui fut celui d'un général romain, une statue d'Eros funèbre, et une tête antique de taureau en bronze. L'écrivain Faure-Biguet, qui fut son camarade d'enfance et sans doute l'homme qui l'a le mieux connu, a dit qu'il était un faux solitaire. La mort de Montherlant expliquera peut être sa vie.

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Cet article comme pratiquement tous les autres, n'est pas revendiqué par un signataire, mais connaissant la prudence et l'habitude de Montherlant, il est probable qu'il ait lui même fait parvenir ce texte au comité de rédaction, au moment où la "promotion" de sa pièce "La Reine Morte" était de la première importance. Dans cette même revue, est annoncée la mort de Matisse sous la rubrique "Aux Cimaises de la gloire" en l'associant à Cézanne et Van Gogh.

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 09:05

Colloque organisé par la Faculté des Lettres de l’Institut Catholique de Paris

21, rue d’Assas - 75006 Paris 

22, 23 et 24 novembre 2012

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en présence de M. Jean-Claude Barat

et avec la participation de Gabriel Matzneff

 

 

Organisateur : Patrick Brunel 

 

*

 

PROGRAMME

 

 

JEUDI 22 NOVEMBRE

Matinée – Président de séance : Patrick Brunel

9h : Ouverture du colloque, accueil des participants

9h 30 : « Un Jules César entre le rêve et la réalité », Pierre Duroisin

10h : « Le stoïcisme de Montherlant », Donatien Grau

10h 30 : « L’imaginaire du suicide chez Montherlant », Jacques Lecarme

11h : Discussion. Pause-déjeuner

 

Après-midi – Président de séance : André Blanc

14h : « Montherlant, Tolstoï, les femmes, ou l’équilibre désespérant des contraires », Guy Dugas

14h 30 : « L’imaginaire nobiliaire de Montherlant sous l’Occupation », Aleide Vanmol

15h : Discussion et pause

15h 45 : « Le mythe de la guerre dans l’œuvre de Montherlant », Jean-François Domenget

16h 15 : « Figures et formes de l’imaginaire du sport dans l’œuvre de jeunesse de Montherlant », Romain Lancrey-Javal

16h 45 : Discussion

VENDREDI 23 NOVEMBRE

Matinée – Président de séance : Jean-François Domenget

9h 30 : « Théâtre d’idées, théâtre des pensées », Claude Coste

10h : « Théâtre et image : une provocation ambiguë », Delphine Aebi

10h 30 : Discussion

11h : « L’ironie dans Les Jeunes Filles », Alain Schaffner

11h 30 : « Les personnages secondaires comiques dans les romans de Montherlant », Henri de Meeûshttp://www.montherlant.be/article-104-demeeus.html

12h : Discussion. Pause-déjeuner

 

Après-midi – Président de séance : Claude Coste

14h : « Montherlant et le régime diurne de l’image », André Blanc

14h 30 : « Garçonnerie en fleurs dans Miracle de la rose et Les Garçons », Marie Sorel

15h : Discussion et pause

15h 45 : « Les figures politiques dans l’imaginaire de Montherlant », Nicolas Lemoigne

16h 15 : « L’imaginaire démoniaque de Montherlant », Patrick Brunel

16h 45 : Discussion

 

SAMEDI 24 NOVEMBRE

Matinée – Président de séance : Pierre Duroisin

9h 30 : « Montherlant et deux peintres espagnols : Greco et Valdès Leal », Pierre Somville

10h : « Le duende et la douloureuse Espagne dans l’imaginaire de Montherlant », Patrick Barriot

10h 30 : « Montherlant, un poète Belle Époque », Clarisse Couturier-Garcia

11h : Discussion et conclusion du colloque

 

Voir ici mes prises de notes. 

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 09:57

Dimanche matin sur France 5 pendant une heure à partir de 9 moins 20, une nouvelle émission remplace quelque peu la rediffusion de la Grande Bibliothèque, et nous présentait Malraux (sa rediffusion est programmée  pour le 23 septembre).

 

Le film sur sa vie datait de 2006, mais je ne le connaissais pas, et l'interview d'Olivier Todd, servait un peu de prétexte à une présentation des ouvrages réédités chez Gallimard, toujours cette caractéristique pour la TV finalement que de faire la promotion des éditeurs en guise de culture, dommage surtout s'agissant de Malraux.  ici l'Antimalraux.

 

Mon Malraux à moi, c'est le discours à Jean Moulin, c'est le discours au palais des sports en 67, le grand Malraux. C'est aussi la Voie Royale, j'en ai encore les frissons dans le dos, et la sueur qui coule, comme à chaque fois que je le relis. Les chênes qu'on abat, les Antimémoires, pour signaler que Gallimard ne faisait pas la promo de la Voie Royale aujourd'hui.

 

Mais c'est aussi l'amie de Jeanne Sandelion, la mère de ses fils: Josette Clotis, dont je connaissais une version légèrement différente*. Enfin une action qui n'a pas été révélée dans le film: l'intervention pour Rudolph Noureev, la propriétaire de l'Alfa Roméo dans laquelle ils trouvèrent la mort: Clara Saint, pourtant elle aurait pu être interviewée car sa vie doit aussi être une sacré histoire. C'était la petite amie de Gauthier, elle faisait partie de l'entourage des Malraux, intervint pour le blocage de l'avion à Roissy, elle devait claquer toute la fortune héritée de son père argentin, dans les tournées qu'elle organisait pour la troupe d'Yves Saint Laurent sous les hospices de Pierre Berger. Par la corrrespondance entre Mariette Lydis et Montherlant, je sais qu'habitant Paris rue Copernic, sur la recommandation de Mariette, elle s'est présenté à la porte de l'écrivain, qui sans doute bloqué par son extrême timidité, s'était justement absenté ce jour là, en tout cas c'est l'excuse qu'il écrivit en réponse, son majordome ayant confirmé la visite pendant une de ses sorties.

 

* Par le livre de son amie: Suzanne Chantal

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 14:34

Le titre, en cette période d'annonces de probables augmentations d'impôts, de jeux olympiques et de contrôles positifs au vainqueur américain du tour de France, peut prêter à confusion, mais les mots sont utilisés ici dans leur signification première, uniquement médicale.

 

Les recherches biographiques et généalogiques sont des sources de découvertes permanentes parfois bien éloignées de l'objet initial. 

 

Ambroise Paré était fervent de la saignée, François Broussais grand consommateur de sangsues.

 

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Dans un ouvrage sur les maladies du foie paru en 1813, le médecin de la cour auquel je me suis intéressé parce qu'il avait soigné de calculs le cardinal De Rohan, ancien châtelain de ma commune, j'ai pu trouver des recommandations. En effet le docteur Antoine Portal (1742-1832), utilise saignées, ventouses et sangsues, par exemple pour le traitement de l'inflammation du Foie. (P.279) :

 

"Si les observations ont prouvé que la saignée était le seul et unique remède des inflammations en général, elles l'ont encore mieux prouvé à l'égard de celle du foie. La saignée est toujours nécessaire lorsqu'elle est bien prononcée par les symptômes, et souvent lors même que ses symptômes sont peu intenses. Ainsi, le premier objet du traitement qu'il faille remplir, c'est de désemplir les vaisseaux sanguins par la phlébotomie, afin de procurer la résolution de l'inflammation hépatique, et prévenir la suppuration et autres suites fâcheuses qui pourraient survenir.

Je me suis toujours applaudi d'avoir promptement conseillé la saignée, et j'ai eu plusieurs fois du regret de n'avoir pu la prescrire, souvent lorsque les médecins avec lesquels je me suis trouvé en consultation, n'étaient pas de cet avis, et d'autres fois   les personnes qui entouraient les malades les en dissuadaient.

La saignée du bras doit être préférée à toute autre, à moins de quelques circonstances particulières qui pourraient faire donner la préférence à celle du pied, ou aux sangsues au fondement. ....

Ces saignées doivent être promptement faites et rapprochées avant que les frissons, la faiblesse réelle, la diminution ou encore plus la cessation des douleurs aient annoncé la suppuration. ....

Aux saignées il faut réunir les boissons adoucissantes et relâchantes auxquelles on peut ajouter, mais avec réserve, quelques calmans, des lavemens et des fomentations sur le bas-ventre de même nature...

On met aussi quelquefois sur la région épigastrique des ventouses qu'on peut sacrifier: cette méthode a été longtemps en usage en Allemagne, et je l'ai employée plusieurs fois très utilement...."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Portal

 

 

 

 

carnot-paul-chanteclair-charge.jpgDans la famille Guadet, une fille Madeleine à épousé le Docteur Paul Carnot, ils eurent 9 enfants dont des générations perdurent. Les Carnot ont habité un immeuble construit pour eux par les Perret, façade habitation sur le champ de mars , à l'arrière le cabinet du professeur avenue Elysée Reclus. (Ce bâtiment à été reconstruit). 

Le docteur Paul Carnot a exercé à Tenon, Broussais ...il a été reçu à l'académie de Médecine en 1920 mais s'était illustré par différentes publications, et surtout une: la description de ses expériences sur la saignée, le traitement des anémies l'ayant incité à développer les recherches de ce coté. Après l'usage de sirop de sang, il mit en évidence les bienfaits d'une substance développée après la saignée sur les lapins, qu'il nomma " hémopoïétine"  facteur de développement important des globules rouges.

 

Il décédait en 1957, sa nécrologie parut  en 1960 dans la revue du praticien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait charge extrait de la revue Chanteclair n°118 de février 1913, support publicitaire de la "Carnine Lefrancq" Romainville (Seine).

 

 

 

 

 

 

Mais dès 1909 ses expériences furent reprises par Gaston Roussel  qui mit au point à partir des saignées sur chevaux, un médicament l'HEMOSTYL qui fut à l'origine des laboratoires Roussel.

 hemostyl

Les progrès conduisirent à identifier l'hormone située dans les cellules régénératrices de la moelle osseuse, désignée maintenant sous le terme érythropoïétine  abrégé en EPO.

C'est en 1986 que fut décrit l'ARNm de l'hormone produite par le rein et débuta la production. Les effets étaient semblables aux cures en montagne ou aux entrainements en altitude comme pour l'équipe de France à Font-Romeux

 

armstrong-maillot-jaune.jpg

 

La saignée avait donc bien une fonction d'accélération du renouvellement du sang, à condition de l'employer à bon escient et avec modération. C'était le travail des barbiers puis des chirurgiens, à l'aide de rasoirs, lancettes, ventouses voir sangsues,  on la pratique toujours mais dans des conditions sûrement plus hygiéniques avec aiguilles et poches, très proches de la prise de sang ou du don de sang, aux bons soins des infirmières. Les sangsues (hirudothérapie) ont apparemment également pris une nouvelle jeunesse grâce à leur salive

 

Il semble que l'on parle de saignée générale en prélevant le sang directement sur la veine, et de saignées locales à l'aide de sangsues ou de ventouses. Les ventouses techniques islamiques ou chinoises, seraient encore utilisées en particulier au Maroc " la Hijama". 

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 16:52

Je donne comme titre les deux mots que nous a confiés en conclusion de son discours le maire de Berneval le grand qui concluait les cérémonies du 70 ème anniversaire du "raid sur Dieppe".dieppe-2714.JPG

 

Je m'étais promis de revenir sur ces plages de mon enfance, pour me souvenir, pour aussi partager la joie et l'émotion que lorsque j'avais 6 ans, je ressentais déjà en accompagnant la population à ces cérémonies annuelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

_8190753.JPGEntre les habitants et les vacanciers, qui ont participé ou assisté, sur un ou plusieurs lieux, ce sont des milliers de gens, et surtout de jeunes qui sauront pourquoi des soldats sont venus mettre leur vie en jeu sur ces plages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel courage à ces vétérans qui sont venus encore une fois témoigner pour leurs copains tombés ici il y a 70 ans.

veteran et soeur a

 

Les canadiens sont venus encore cette année, le symbole de la liberté reste vivant.

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 08:26

 nasa-main_malin-4-673-copie-1.jpg   Averti bien tard par une info dans le premier week-end d'août j'étais sur internet ce lundi 6 à 6h30 à suivre l'arrivée du vaisseau sur la planète Mars. 7

 

Comme en 1969 devant la télé familiale j'ai assisté à une nouvelle étape formidable de la technologie.

 

J'ai découvert avec beaucoup d'émotion, minute par minute, et avec angoisse les annonces de la NASA, qui indiquaient que 14 minutes plus tôt l'opération s'était déroulée normalement. Comme dans les jours précédents j'avais relu le récit du raid anglo-canadien sur Dieppe du 19 Août 1942, j'avais en tête, et revivais presque un scénario qui y ressemblait, d'où sûrement ce ressenti particulier. L'état major dans le destroyer Calpe ignorait par coupure des communications, et derrière l'écran de fumée qui recouvrait les plages, l'avance et la situation de chaque groupe de combattants débarqués. C'est avec retard qu'il entendait les explosions ou apercevait des embarcations à la dérive. Ici pendant les 7 minutes critiques tout était confié aux robots et au logiciel embarqué, les secondes et les phases du déroulement si complexe de la descente était scellé depuis le départ de la fusée le 28 novembre dernier. Il n'y avait pas risque de mort d'homme, mais l'espoir de futures découvertes ou la perte de tout l'argent et l'énergie dépensés pendant dix longues années.

 

nasa-675608main_edl20120809-full.jpgL'évènement a fait l'objet de quelques dossiers dans les médias sur internet, reprenant les infos du site de la cité des sciences ou de la Nasa. Dans les journaux télévisés quelques phrases sur le sujet, le lendemain encore quelques photos transmises, enfin arrivées et décryptées, puis plus rien hormis le discours d'Obama. Je voulais garder un souvenir, surtout pour mes petits enfants, trouver un support pour leur expliquer la formidable aventure, leur expliquer le temps, la distance, leur montrer le ciel, en fin de semaine je suis passé au kiosque pour acheter des magazines qui ne devraient pas manquer de traiter largement le sujet. Je me souviens des titres de 1969, Match, l'Express et Time, des couvertures mais cette semaine: rien. Pas de couverture, mais même pas au sommaire, les sujets :  les JO, les médailles des Français, la guerre en Syrie, les vacances normales de monsieur le président, les finances et la crise. 

 

Mais où est le rève? le progrès, la recherche, le fameux moteur pour l'avenir de notre jeunesse, le moteur de croissance qui nous sortira du chômage, si on ne glorifie pas les réussites de la science. Pourtant les Français participent non au voyage mais aux expériences

 

D'après les magazines il ne s'est rien passé dans l'espace cette semaine. Heureusement ciel et espace, avait consacré son numéro d'Août à Curiosity.  Bien sûr il faut encore attendre les Américainstime-curiosity.jpg

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:35

Lu cet été, la généalogie en 4 volumes de Jean Delay. Les croisements des branches avec diverses personnes connues, les recherches historiques, leurs situations géographiques est l'occasion d'une étude des progressions ou effondrements des descendances. La série des "avant-mémoire" sont aussi l'occasion de lâcher quelques commentaires sur les moeurs politiques j'ai noté:

Jean Delay. Avant mémoire II, Le monde et la finance P33, 34

 

« Il n’y a pas le moindre fonds dans notre Trésor, ni dans nos recettes, pour satisfaire aux dépenses les plus urgentes. » En faisant lire par le petit roi une déclaration sur l’état désastreux des finances, le Régent chargea le plus possible, selon une tradition éprouvée, la gestion de ses prédécesseurs. Pour sortir d’affaire, il fit appel à une multitude de conseils très aristocratiquement composés, la polysynodie, qui ne tarda pas à donner la mesure de son incompétence. Le plus facile était de trouver des boucs émissaires. Les manieurs d’argent, généralement impopulaires, furent tout naturellement désignés. Une Chambre de justice, dans la tradition des « grands jours », par lesquels la monarchie faisait rendre gorge aux financiers après s’en être copieusement servi, fut instituée en 1716. Tous ceux qui avaient participé depuis 1689 à des marchés ou entreprises publiques furent justiciables de la nouvelle juridiction qui enquêta sur huit milles personnes dont deux mille huit cents à Paris et prononça cinq mille confiscations.

 

L’institution de « grands jours » n’amena pas les résultats escomptés mais en produisit d’autres. Le Régent ayant hâtivement proclamé que la confiscation des biens des financiers subviendrait aux dépenses, les contribuables en conclurent qu'ils seraient exemptés d’impôts et il fallut publier dare-dare dans les moindres villages un démenti. Les receveurs et fermiers généraux, menacés dans leurs biens et leur personne, firent la grève du zèle ou cessèrent le travail. On dut pour les y ramener multiplier les entorses à la juridiction d’exception. Les financiers, menacés d’être du jour au lendemain ruinés ou emprisonnés, ne trouvèrent plus de crédit en France ni à l’étranger. Le commerce fut paralysé.

 

 

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