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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 08:36

Je continue à explorer la bibliothèque (le lot des livres que j'ai acquis de cette bibliothèque pour être précis) de Jeanne Sandelion. Dans la collection "écrivains de toujours" ce Maine de Biran par lui-même, avec les coches sur des références de bibliographie (le journal en 3 tomes) et quelques citations soulignées. Entre les lettres à sa mère et la correspondance avec une de ses meilleures amies, on peut suivre les voyages à travers la France surtout, qui ont marqué l'intérêt de Jeanne Sandelion. Les cartes et les annotations donnent à penser  qu'ils doivent être la matière du journal.

Ce livre sur Maine de Biran est l'édition de 1970, c'est donc dans les dernières années de sa vie qu'elle s'est interessé à ce philosophe, à son journal, ce n'est donc pas pour s'en inspirer mais pour le comparer. Le journal de Maine de Biran couvre la période révolutionnaire et bonapartiste, ca recouvre ma curiosité sur les réflexions de cette époque avec Azaïs et Guadet, mais aussi avec MA Jullien  dont MdeB fait la critique de sa gestion du temps en 1811, ainsi que de la méthode de Pestalozzi.

Etude par Henri Gouhier.  Maine de Biran 30 novembre 1766 - Bergerac-20 Juillet 1824 Paris

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 13:26

Parmi les divers livres de la bibliothèque de Jeanne Sandelion, je feuillette ce "Tacite" de la collection du Seuil, écrivains de toujours. L'édition "microcosme" est de 1969, JS n'y a pas mis son nom, mais quelques notes dans les marges, quelques phrases mises en exergue attirent l'attention sur sa façon de lire et d'interpréter, peut être trouverais-je des remarques dans son journal ou dans certaines de ses correspondances.

L'étude des Romains par Jeanne, me fait me rappeler la référence du livre cité par Montherlant: la traduction parue en 1906 de Grandeur et Décadence de Rome par Guglielmo Ferrero.(*1) Dans la préface datée de Turin, 22 avril 1904 l'auteur signale avoir apporté quelques corrections à l'ensemble des 6 volumes. Mon édition  est complète et reliée demi-cuir avec ex-libris: traduit de l'italien par Urbain Mengin, Paris: Plon-Nourrit et cie, 1906 4eme édition  TOME I : La conquête, III-426pp. - TOME II : Jules César, V-458pp. - TOME III : La fin d'une aristocratie, III-334pp. - TOME IV : Antoine et Cléopatre, 312pp. - TOME V : La République d'Auguste, 294pp. - TOME VI : Auguste et le Grand Empire, 342pp

Cité par Montherlant dans une lettre à Sandelion, aussi dans carnets posthumes.

 

/*1  Guglielmo Ferrero (1871-1941) Historien italien. (Mauvaise traduction d'après NRF) qui faisait des conférences en France vers 1910 sur la philosophie de l'histoire, et des reflexions sur la guerre et la paix, sur l'Europe, ... 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 17:04

A la recherche de documents sur M-A Jullien, j'avais noté que souvent les citations des lettres de sa mère, en particulier dans le livre de Marie-Claude Delieuvin, étaient extraites du livre de Pierre Gascar(*1), sa lecture effectivement m'a apporté des renseignements non cités jusqu'à présent.

 

Ce livre se distingue d'autres qui sont très précis car issus de thèses d'histoire. Ici il y a la précision de la citation du texte des lettres, mais dans une mise en scène romanesque qui fait mieux ressentir l'état d'esprit au moment des évènements.

 

"Le peu d'émotion qu'il montre, en montant avec le bon petit Jules dans la diligence pour Paris (Rosalie les a accompagnés jusqu'à Valence, le plus proche relais de poste, sur la "grande ligne" du Midi), tendrait à le faire croire." 

 

En postface, l'auteur explique les conditions de la transmission de l'archive: Les héritiers de Philippe Hériat(*2) (dont il est l'exécuteur testamentaire) lui transmettent des documents dont un "cahier vert" qu'il retrouve après 5 ou 6 ans et comprend enfin qui en sont les auteurs. Dans ce livre de compte, M-A Jullien a fait recopier les lettres de sa mère (par un secrétaire utilisant la plume d'acier!) puis vers 1829 il lit, biffe les noms, corrige certaines phrases pose des commentaires en marge, s'apprête peut être à le faire publier, finalement ce n'est qu'en 1881 que son petit fils Edouard Lockroy (*3) fait éditer, après avoir encore expurgé les lettres, le "Journal d'une bourgeoise pendant la révolution".

En fait les lettres originales soigneusement conservées ont été vendues à l'institut Marx-Engels et sont restées à Moscou(*6). Une transcription à partir d'une copie microfilmée en 1990 rapportée par Pierre de Vargas a été produite par l'association "Jullien de Romans" (*5) (dont en 1979 Gascar n'avait  pas connaissance).

 

Donc cette histoire est bien racontée, il en manque la citation des sources, les bibliographies.

C'est à rapprocher de l'histoire de la famille Lacombe contée par l'héritier Claude Simon (*4), mais où par un jeu subtile de mélanges, d'interpénétration des descriptions les unes dans les autres, sans jamais citer un texte reconnaissable comme original (peut être en italiques, mais sans guillemets, sans dates), mais décrit comme étant issu des correspondances retrouvées de ses ancêtres, l'auteur si difficile à déchiffrer nous a livré dans "les géorgiques".

 

Ce que l'on peut regretter dans l'un comme dans l'autre de ces "romans" issus de correspondances, c'est de pouvoir accéder à quelques reproductions de pages.

"Il lit les phrases maladroites où la menace est enrobée de formules pompeuses et dont il a laborieusement refait et raturé plusieurs fois le brouillon: l'écriture impulsive, fougueuse, l'encre pâle, transparente, d'un brun rouille presque rose: avec leurs festons irréguliers de jambages, d'entrelacs, de ratures, d'arabesques, les lignes dessinent sur les feuillets jaunis comme de minces bandes de dentelles déchiquetées et fanées." décrit Claude Simon et  "Ces mots en ronde agrémentée de guillochis ont été tracés par un copiste dont on va pouvoir, tout au long des 224 pages du registre, admirer la "belle main", comme on dit alors. L'écriture de l'homme qui collationne et annote le texte tranche sur ces élégants pleins et déliés. Elle dit la plume d'oie, alors qu'ils sont dus de toute évidence à une de ces plumes d'acier qu'on importe de Birmingham, depuis une douzaine d'années à peine. .. Il est vrai: l'artistique calligraphie du copiste ne pourrait exprimer la spontanéité des sentiments, leur force, leur violence, aussi bien que l'écriture un peu écrasée de l'annotateur le fait. Elle va être comme la voix mâle, dans un duo." note Pierre Gascar.

 

J'aimerais bien comparer par moi-même les différences entre les 3 exemplaires connus: le livre de Lockroy, les pages du "cahier vert", le microfilm de Moscou conservé à Romans. Les archives Jullien se trouvent en fonds privés aux Archives Nationales.

 

*1/ Pierre Gascar (Pierre Fournier) 1916-1997 Prix Goncourt en 1953 pour Le temps des morts, inspiré de son expérience des camps de prisonnier des Allemands de 1940 à 1945.

 

*2/ Philippe Hériat (Raymond Payelle 15/9/1898-10/10/1971)    fils de Georges Payelle (24/6/1859-1941)  qui fut le secrétaire de E Lockroy  

 

*3/ Edouard Lockroy ( Edouard Simon) fils de l'artiste Joseph Philippe Simon dit Lockroy marié à Stéphanie Jullien,  était il le petit fils du Général de Brigade Edouard-François Simon (1/12/1769-13/4/1827) baron de l'empire, fils de Simon de Troyes?

 

 *4/ Claude Simon, (10/10/1913-6/7/2005) Prix Nobel littérature pour son oeuvre en 1985, Descendant de Jean-Pierre Lacombe St Michel (St Michel de Vax Tarn) Les Géorgiques 1981. 

 

 *5/ Transcription de Jean Sauvageon dans "l'association Rosalie et Marc Antoine Jullien" à Romans. Se trouve aux Archives Communales. 

 

  *6/ Pour une explication sur ces archives consulter

BEECHER Jonathan, « Des inédits de Fourier dans les archives de Moscou »,

Cahiers Charles Fourier

, n° 12, décembre

2001, pp. 9-16

Disponible en ligne : http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=46

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:35

Père de Elizabeth Julie Hyacinthe qui épouse Joseph Guadet à Paris 10° le 22 janvier 1831, Azaïs a du faire son admiration.

La cinquième édition de son recueil le plus connu "Les compensations" est précédée d'un article nécrologique de son gendre.

C'est en lisant les études de Philippe Lejeune (voir en liens amis) sur les journaux d'Azaïs que l'on peut mieux comprendre la démarche de ce "philosophe". La thèse de Michel Baude permet d'approfondir ses relations.

http://www.autopacte.org/06%20Azais%20Ecrire%20en%20marchant.pdf

 

J'ai aussi trouvé une lettre à la comtesse de Salvandy(*1) , réclmant, faute d'une place au Collège de France, au moins la souscription à son dernier ouvrage..

 

 

Paris le 14 Février 1838.

 

Madame,

 

J'ai eu l'honneur, jeudi dernier, de vous faire une demande que vous avez gracieusement accueillie. Permettez-moi de lui donner quelques développemens.

 

Vers le mois d'octobre je priai Mr de Salvandy de fonder, en ma faveur, au Collège de France, une chaire de philosophie, je lui remis, à ce sujet, un mémoire qu'il lut en ma présence, et sur lequel il s'exprima en termes très flatteurs; il me montra ensuite combien d'obstacles s'opposaient à une fondation nouvelle; mais il m'apprit que la chaire occupée par Mr Jouffroy allait être vacante; et il eut la bienveillance d'ajouter qu'il serait satisfait de me voir sur la liste des candidats. Je fis aussitôt les démarches qui pouvaient me conduire à y être placé; j'allai voir les Professeurs; leur accueil fut honorable; presques tous me témoignèrent des intentions encourageantes; cependant le jour de la délibération, je fus écarté.

Peu de jours après, je fus également repoussé par l'académie des sciences morales et politiques, à laquelle il semble que l'opinion publique m'appelle, et à laquelle depuis qu'elle est rétablie, je me présente vainement.

J'adressai alors à Mr de Salvandy un second mémoire par lequel je le priai de transformer en chaire de philosophie au Collège de France, la chaire d'Anatomie, superflue dans cet établissement. Mr Fredéric Cuvier voulut bien se charger de remettre ce second Mémoire à Mr de Salvandy, et d'appuyer mes désirs.

Mr de Salvandy ne put les satisfaire; il m'en témoigna le regret; le 15 8bre, il m'écrivit, entièrement de sa main, une lettre flatteuse, affectueuse même, commencant par ces mots:

"J'honore, Monsieur, les travaux de toute votre vie, la pensée philosophique qui les a dirigés, le but auquel vous avez voulu marcher. Je serais heureux de vous donner la satisfaction d'exposer vos maximes dans une chaire haut placée; convaincu que la parole vive et facile d'une ame honnète et d"'un esprit éclairé n'arrive pas, sans y développer des germes heureux, au coeur de la jeunesse qui les recueille ..."

Venait ensuite le détail des difficultés qui avaient retenu des dispostions si honorables. Mr de Salvandy terminait ainsi sa lettre:

..." Vous voyez donc, Monsieur, que votre voeu dépasse ma puissance. Indiquez-moi d'autres moyens de vous prouver mon respect pour vos cheveux blancs, ma considération pour votre utopie, et mon estime pour votre personne.

Salvandy.

 

Dans de telles expressions, Madame, je ne pouvais que puiser de douces consolations et de flatteuses espérances mais, dès ce moment, il me fut démontré que je ne devais plus demander à Mr de Salvandy que des choses qui dépendraient uniquement de sa volonté, et sur lesquelles il n'aurait à consulter personne.

Rentré dans ma solitude, j'écrivis l'ouvrage que je méditais depuis longtemps, et que j'ai eu l'honneur, Madame, de vous offrir. La pensée des frais d'impression ne me retintplus; Mr de Salvandy, me dis-je; m'aidera à les couvrir; tel sera le moyen que je lui indiquerai d'effectuer les sentiments dont il m'honore.

Mon ouvrage imprimé,je crus cependant devoir, avant de l'adresser directement à Mr de Salvandy, le lui faire connaitre par votre entremise, et ensuite préparer à ma demande des appuis bien dignes de considération. J'écrivis à Mr de Salvandy une lettre par laquelle je le priai de souscrire à mon ouvrage sur les fonds de son ministère, et je portai d'avance cette lettre à plusieurs membres de l'Académie Française. Mr Droz commenca par y ajouter une note conçue en termes d'affection pressante; cette note fut signée, et avec empressement, par ceux de ses collègues que Mr Droz put rencontrer, par Mr de Feletz, Jouÿ, Dupaty, Roger, Tissot, Philippe de Ségur, Pongerville, Charles Nodier, Lamartine. Mr frédéric Cuvier, à qui je portai ma lettre ainsi fortifiée, la signa aussi, et eut la bonté d'aller la remettre lui-même à Mr de Salvandy avec un exmplaire de mon ouvrage.

Maintenant, Madame, que dois-je penser de ce que Mr de Salvandy, non seulement laisse tomber ma lettre et les recommandations de l'Académie, mais, trop manifestement, est importuné de mes désirs et de mes visites! je n'ai pu m'y méprendre jeudi dernier. A mon âge, avec mon caractère et les droits que mes travaux me donnent, on n'est point ombrageux et susceptible; mais on s'étonne et l'on s'afflige d'avoir pu devenir un être embarrassant et indésirat; la c'rainteseule en est bien pénible.   Votre accueil, Madame, si plein de grâce et de bienveillance, m'a rendu encore plus sensible à la contrainte de celui de Mr de Salvandy. Ses dispositions, je n'en doute pas, sont encore celles que sa lettre m'avait exprimées; je n'ai rien fait qui put les affaiblir; mais j'ai eu peut-être le tord de dire combien j'étais flatté de les avoir inspirées? Dans ma position sur la scène du monde, l'expression de ma reconnaissance à l'égard des personnes qui me prètent appui, est de ma part un entraînement inconsidéré. Si j'étais ostensiblement soutenu par le gouvernement de mon Pays, surtout par le ministre de l'Instruction publique, les pensées auxquelles j'ai été conduit par les travaux de ma vie mettraient rapidement de l'ordre dans la science, de la raison, de la clarté dans la philosophie. Mais il est naturel, très naturel, que cette Révolution salutaire soit entravée, retardée, le plus longtemps possible, par les hommes qui cependant l'on préparée, qui m'ont fourni les moyens de l'entreprendre, mais qui, eux-mêmes, n'ont pu l'accomplir. Jamais ce qui tombe ne peut se plaire à contempler, encore moins à favoriser ce qui s'élève et qui doit le remplacer. Or des erreurs qui tombent, ce sont les hommes qui s'en sont nourris; des vérités qui s'élèvent, ce sont les hommes qui les découvrent et les expriment. Les premiers ont acquis, et légitimement la plupart , une puissance d'opinion, de position, de fortune, à l'aide de laquelle, s'ils ne sont pas très généreux, ils retiennent les autres dans l'isolement et l'indigence. Le pouvoir suprème, aux époques d'un Despotisme magnanime, tel que celui d'Auguste, de Louis XIV, de Napoléon, est bien le protecteur de tout ce qui s'aznnonce comme digne d'une haute destinée. Que Louis-Philippe aujourd'hui puisse, en pleine liberté, suivre l'impultion de ses lumières, et l'Auteur de l'explication universelle de sa destiné, honoré. Mais chez le Peuple le plus mobile, et sous une forme de gouvernement dont le caractère essentiel est l'instabilité, le Roi et ses Ministres ont besoin de ménager sans cesse les hommes qui, à tord ou à raison, se sont donné une clientèle, un parti, une influence; Le vieillard pauvre, isolé, qui n'a pour lui que de la raison, du savoir, et de grandes idées nouvelles, doit être plus que délaissé.

Anathème, s'écrient les souverains pontifes de lEglise défaillante! que le novateur soit excommunié, qu'on lui refuse le feu et l'eau! que surtout l'on n'en fasse jamais un Professeur au Collège de France, ni un membre de l'académie des sciences morales et politiques; ce serait sonner notre agonie; la raison et la vérité marcheraient si vite!...

 

Telle est mon histoire, Madame. Si Mr de Salvandyconnait mes ouvrages, si seulement il a eu le loisir de lire les deux Mémoires que j'ai eu l'honneur de lui adresser, il reconnaitra que je vien de dévoiler le caractère et les motifs secrets de la réprobation que je poursuit; et il connait trop le coeur humain pour ne pas savoir que les motifs dont on a honte sont ceux que l'on déguise le mieux et que l'on suit avec le plus de constance.

Je ne me plains de personne; ce que j'explique, je l'excuse. Seul sur la Terre, le peu d'annéesz qui me reste s'adouciraienten silence par le sentiment profond de la justice qui, dans l'avenir, me sera rendue; je n'importunerais personne; c'est...je dois, Madame, en prononcer le mot: c'est une humiliation que je m'épargnerais. Mais je suis père de famille; j'ai six enfans; je souffre de ce qui leur manque; et lorsque j'ai fait une dépense qui augment nos embarras de famille, j'en suis vivement affecté. En me permettant la publication de mon nouvel ouvrage, j'ai cru pouvoir compter sur le secours de Mr de Salvandy; et je n'ai rien négligé pour que cet ouvrage fut digne de l'obtenir.

Je le demande encore, en ajoutant qu'éclairé par une pénible expérience, je saurai désormais retenir dans mon coeur ma reconnaissance pour le bien que je recevrai et les honorables sentimens qui me seront témoignés. Pour être privée d'épanchement, ma reconnaissance n'en sera que plus profonde.

Je le répète, Madame, j'ai six enfans; vous ztes mère de famille; vous concevrz mon inquiétude; j'ose espérer que vous désirerez dumoins que Mr de Salvandy veuille bien l'adoucir.

 

Agréez je vous prie, Madame,

Mes respectueux hommages.

 

AZAÏS

 

 

 

Mais aussi cet article dans le livre "Le Romantisme et l'Éditeur Renduel, Souvenirs et documents sur les écrivains de l'école romantique Avec lettres inédites adressés par eux à Renduel" Adolphe Jullien 1897 Fasquelle:

 

 

CHAPITRE VII

 

AZAIS- HENRI DE LATOUCHE. ...

 

Un des premiers correspondants de Renduel - par ordre alphabétique - est un sage, Azaïs, le philosophe moraliste qui professa d'abord à l'Athénée, puis dans son propre jardin, sa consolante doctrine, ce système des compensations qui répondait si bien à la simplicité de ses moeurs, à la douceur de son caractère. Azaïs avait fait, en 1831, un cours d'Explication universelle à la société de civilisation, et il l'avait ensuite fait imprimer chez Levrault en autant de fascicules qu'il y avait eu de leçons. Le livre était des plus beaux: Ecole de la Vérité. Plus tard, il entrepris de donner à cet ouvrage une suite en soixante séances et autant de livraisons; dès la première leçon eut lieu le 29 janvier 1834, et la première livraison parut à la fois chez Renduel et chez l'auteur qui demeurait vers le haut du Luxembourg, dans le passage Laurette (aujourd'hui rue Bara). Pour être philosophe, Azaïs n'en avait pas moins une très haute idée de lui-même, et il le laisse assez voir dans une lettre adressée à la personne qui l'avait mis en rapport avec Renduel (vendredi, 31 janvier) :

 

Vous avez été témoin, mon cher ami, de l'accueil qui m'a été fait avant-hier, et de l'intérêt avec lequel j'ai été écouté. L'empressement à venir m'entendre n'a été que trop grand; en montant l'escalier je n'ai rencontré que des personnes qui s'en retournaient, n'ayant pu pénétrer dans la salle; le vestibule était encombré, et si le jeune commis de M. Renduel est venu, il a pu juger inutile de rester, puisque la table même sur laquelle il aurait pu déposer les exemplaires a été saisie, et qu'en la plaçant en face de la porte un grand nombre de jeunes gens s'y sont établis.

 

L'affluence ne sera pas moindre mercredi prochain. Je vous prie d'aller voir pour moi M. Renduel et de lui dire que devant développer, mercredi prochain, le sujet de ma première livraison et répondre aux objections qui me seront adressées, nous pourrons faire encore une tentative de vente; que, dans ce cas, si son jeune homme arrive vers sept heures, je lui aurai fait réserver d'avance une chaise au pied de la tribune, en sorte qu'au terme de la séance, les personnes que j'aurai excitées à me lire, auront la brochure sous les yeux et sous la main.

 

Si M. Renduel aime mieux suspendre la publication des livraisons suivantes, je lui propose de provoquer
de suite la propagation de la première, en faisant  insérer dans les journaux la note suivante :
« M. Azaïs fait, en ce moment, un Cours d'explication universelle à l'Ecole Philosophique, dont il est
président. Ce cours est suivi avec le plus vif intérêt, et la salle est loin de pouvoir contenir toutes les
personnes qui désirent y assister. Pour y faire participer, autant qu'il lui est possible, celles qui ne
peuvent entrer ou qui n'ont pas le loisir de s'y rendre, M. Azaïs publie chez le libraire Renduel, rue des
Grands-Augustins, n° 22, une brochure de 50 pages, qui a pour titre : Idée précise de la Vérité première,
et dans laquelle le professeur résume la doctrine qu'il développe devant ses auditeurs. »

Cette note, mise dans les principaux journaux, et la brochure mise en vente chez les principaux libraires,
elle se répandrait ; vous savez, cher ami, l'heureux effet que l'on pourrait en attendre : elle exciterait bien
des personnes à demander la publication successive des livraisons. M. Renduel, s'il recevait, en effet, un
nombre encourageant de demandes, annoncerait, comme sous presse, cette publication successive, ou,
s'il le préférait, la publication du cours en bloc, par volume et sans morcellement.

Ayant encore besoin de ménagements, mon cher ami, faites-moi le plaisir d'aller ce soir chez
M. Renduel : on le trouve vers cinq heures; lisez-lui ma lettre : ajoutez-y ce que vous avez vu, entendu,
ce que vous pensez ; dites-lui que, n'ayant d'ardeur personnelle que pour la propagation de mes pensées,
je désire que le libraire qui y concourra, non seulement ne compromette pas ses fonds, mais fasse, à
l'aide de mon œuvre, d'honorables profits.

                                                                 Tout à vous, mon cher ami,
                                                                 Azaïs.

Dans une lettre écrite le lundi suivant, et cette fois à Renduel, Azaïs revient encore
sur ce projet de faire débiter ses brochures pendant son cours, et il le complète par
l'idée mirifique d'en faire vendre aussi pendant le cours qui précédait le sien :
« N'oubliez pas, je vous prie, que mercredi votre jeune homme devrait être dans le ves-
tibule de la salle avant sept heures, parce que déjà alors il passera devant lui bon
nombre de personnes allant prendre place et attendant pendant le cours d'un autre
professeur qui se fait à cette heure-là. »

Le pauvre Azaïs se donnait-il assez de mal pour débiter sa philosophie en feuillets?
Rien n'y fit. Le premier fascicule, si fort tambouriné, se vendit mal et l'affaire en
resta là : soixante pages au lieu de soixante  livraisons.

Après la phraséologie onctueuse du philosophe, la phrase cinglante et cravachante du gentilhomme. Henri deLatouche s'était fait surtout connaître par ses travaux sur André Chénier, avant tout par les
soins clairvoyants qu'il avait apportés à la publication des oeuvres inédites du poète,
entreprise en 1819 par les libraires Foulon et Baudoin. Il était donc tout désigné pour
surveiller aussi l'édition complète de Chénier que Renduel publia en 1833, de concert
avec Charpentier, et pour laquelle il avait obtenu du neveu du poète, Gabriel de Chénier, plusieurs fragments inconnus et pièces inédites. Le billet suivant de Latouche à Renduel respire le dépit rageurd'un campagnard
— Gautier l'appelle l'Ermite de la Vallée-aux-Loups — qui a fait pour rien le voyage
d'Aulnay à Paris et devra revenir le lendemain : « Il est dur de venir de la campagne
pour des épreuves et de n'être pas même averti qu'on ne les aura pas.Ilest dur d'être,
de neuf à dix heures,dans le magasin, à attendre le pacha, dont le domicile est tout proche
et de ne trouver personne qui ose avertir  Sa Hautesse qu'un simple citoyen le demande.

Et l'on parle des ministres difficiles à aborder! — Honneur aux mœurs turques !
........

*1/ femme du ministre de l'instruction publique deSALVANDY, Membre de l’Académie francaise. Le comte Narcisse Achille de Salvandy, est un homme politique et écrivain français né à Condom (Gers) le 11 juin 1795 et mort à Graveron (Eure) le 15 décembre 1856.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 14:40

Je fais ici une note de lecture sur le livre de Marie-Claude Delieuvin "Marc-Antoine Jullien de Paris, 1775-1848

Théoriser et organiser l'éducation."

 

"Cet ouvrage, issu d'une thèse brillamment soutenue à l'université René Descartes en 1999, fera à coup sûr autorité. .." ainsi commence la préface du livre édité en 2003 chez l'harmattan.

 

Effectivement le chapitre deux, de 63 pages, permet de lire la synthèse la plus à jour de la biographie du jacobin surement le plus fanatique et attaché à Robespierre.

Si sa vie avait été interrompue en 1794, à l'image de toutes celles qu'il a contribué à supprimer. Si les indulgences dûes aux relations de son père et au fait que les thermidoriens pour se sauver eux mêmes devaient justifier l'arret des exécutions de la Terreur, il ne serait encore moins resté du passage sur terre de ce théoricien qui fut un modèle de la 3eme République.

 

Il est surprenant que n'ayant reçu que l'éducation de sa mère et d'un prêtre bénévole, ayant difficilement suivi trois années de trois collèges en trois ans, et terminé ses études à 14 ans, il fut le mentor du club des Jacobins.

Envoyé à Bordeaux, en septembre 1794 par le Comité de Salut Public, il chercha à satisfaire son maître Robespierre d'abord en poursuivant les députés girondins proscrits et ennemis de Robespierre, puis en cherchant jusqu'aux ultimes heures des preuves contre Tallien et Ysabeau. (la lecture de la thèse de Pierre Becamps (Bordeaux 1953) sur Jean Baptiste Lacombe est édifiante sur ce point).

 

Il est remarquable de lire Lamartine dans sa "critique de l'histoire des Girondins" 20 ans après, en particulier la préface au sujet de la sagesse apportée par l'âge. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k210093v.r=lamartine+critique+girondins.langFR

 

La thèse de Madame Delieuvin, est principalement axée sur les théories d'éducation défendues dans divers ouvrages par MA Jullien, son activité de journaliste dans la direction de 'la revue encyclopédique', les liens qu'il eut avec hippolyte Carnot.

On remarque aussi la volonté "officielle" tant du  BIE (Bureau International d'éducation) en 1943 ou de l'Unesco en 1948 juqu'aux années 60 d'écrire l'histoire de l'éducation en Europe dans la continuité des hussards de la 3eme république.

 

Il fallut en 1823, la publication des mémoires de Louvet de Couvray, qui fit connaitre l'implication du directeur de la revue encyclopédique dans la Terreur, pour que Joseph Guadet comprenne le mal fait à sa famille.

 

et des lettres en plus: 

http://histoires-d-histoire.hautetfort.com/archive/2009/03/18/lettre-de-jullien-de-paris-a-puvis-de-chavannes.html

 

 

J'aime cette réflexion sur le rôle et la qualité de la transcription

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 11:16

Je devais avoir entre 7 et 12 ans, quand je venais il y a une cinquantaine d’années, en vacances à la mer,   à Berneval. (Berneval-sur-mer, lieu dit de Berneval-le-grand Calvados).

Beaucoup de parisiens connaissent ces plages de galets avec le fond blanc des falaises. link

  berneval d'avion 1970 w

 

Les hôtes de la petite pension de famille, avaient vécus les évènements de la "seconde guerre mondiale", le mari Monsier Arsac était d’ailleurs amputé d’une jambe, et il nous a raconté…

Chaque 19 Aout  avec les autres enfants du village nous allions à la cérémonie du souvenir, avec les détachements d’anciens Canadiens, Anglais et Français et rangers américains.

 

villas du ravin 1890Renoir, Pissaro     …  ont immortalisé certaines scènes de la campagne ou de la plage.

Auguste Perret y a construit un chalet familial villas-berneval-plan.JPGen 1890 (détruit comme la plupart des maisons en 1944).

photo des plans du chalet (arch Perret).

C'est à Berneval qu'Oscar Wilde réfugié en 1900, vécu 6 mois où il reçu ses amis poêtes dont André Gide et y écrivit La Geole de Reading.

J'ai découvert récemment un évènement créé de toute pièce en 2002 par un photographe canadien Bertrand Carrière à l'occasion de la 60ème commémoration de l'opération Jubilée. Un petit film de 30 minutes, un album photos émouvant, sont là pour témoigner de la volonté de liberté et  du sens que l'on peut transmettre aux nouvelles générations à travers l'art 

 

 

berneval--1.jpgJe suis revenu sur cette plage, en visite nostalgique, pour la présenter à mon fils lorsqu'il atteignit les 5 ans. J'en ai gardé quelques photos, car quelle ne fut pas ma surprise CE JOUR LA d'assister à la démolition du dernier treuil fixé au bord de la falaise. Ces treuils familiers à mon enfance servaient à remonter les barques des pécheurs, ils posaient casiers et filets aux marées hautes, congres, et tourteaux étaient les meilleures pèches.

On me montra au loin la raison de ce "nettoyage" des vestiges, même s'il reste encore ceux des blockhaus sur la falaise ou effondrés avec elle sur la plage, l'arrêt définitif de l'activité des pécheurs. La raison: la proximité de l'évacuation de l'eau de refroidissement de l'usine nucléaire de Penly en construction à St-martin-en-campagne.  berneval-2.jpg

 

C'est à St Martin, ou plus exactement par l'escalier dans la falaise situé à cet endroit, que nous remontions précipitamment de la pèche à pied au retour de la mer lors des grandes marées.

J'apprends maintenant que cette valleuse du "val au prêtre" fut dénommé "Yellow 1" dans l'opération Jubilée, que c'est par cette fente dans la falaise de 70 m de haut qu'un seul groupe commandé par le Lt Col Durnford-Slater réussit l'opération du 19 Août 1942, avant de rembarquer à court de munitions, alors que sur "ma" plage dite "Yellow 2" tous leurs compagnons furent fauchés ou fait prisonniers, le raid de Dieppe 1942 étant un fiasco. A l'ouest sur la plage de Sainte Marguerite - Quiberville (Orange II) où accostent les hommes de Lord Lovat et du Major Mills Robert l'opération avait abouti. Lire Opération Jubilée par Claude-Paul Couture (France Empire 1969)

  

 

 

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 16:36

Vous le comprendrez facilement , depuis le 8 Janvier  je suis en panne

 

Sous windows Vista, après l'installation de la mise à jour 2011 de Norton Internet security,

et sur conseils, de Windows Internet Explorer 9 beta

 

les boutons d'insertion de liens et d'images de léditeur Overblog ne réagissent  plus.

Je vais donc continuer en texte seul, puis reviendrai sur les articles lorsque ce sera réparé.

 

A bientôt.

 

J'ai installé la mise à jour IE 9 fournie ce jour (15 2) par Microsoft, apparemment la réaction des boutons redevient normale.

Je vais donc pouvoir compléter les articles avec les liens et les images.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 16:23

Il me fallait bien inscrire le nom de GUADET, quelque part sur ce site. 

 

Cet article sera progressif Dernière maj: 4/2/2012

 

C'est après le repas d'anniversaire de mon père (ses 80 ans en 1999), que nous nous sommes promenés à Coulommiers et que j'ai acheté chez un brocanteur, pour compléter ma collection photographique, un album ancien.

 

Son intéret?  il était complet des photos de la famille "Guadet".

J'ai trouvé rapidement quelques explications, sur le conventionnel, premier homme tristement célèbre de la lignée, mais ce qui m'emporta passionnément, c'est la difficulté à trouver des informations sur la filiation.

J'ai reconstitué ce que j'ai pu de l'arbre généalogique, puis l'ai chargé sur geneanet, j'ai écrit les premiers articles sur wikipédia, j'ai pris contact avec l'association de St Emilion "berceau" de la famille.

 

Rapidement: famille de négociants en vin, notables, les Guadet ont leurs enfants pris dans la tourmente révolutionnaire et y participent brillamment jusqu'à la chute et la proscription, Marguerite-Elie Délégué à la Législative puis à la Convention, finit sur l'échafaud à Bordeaux avec son père, sa belle soeur, son jeune frère tous poursuivis par un jacobin fanatisé de 18 ans Jullien de Paris. (*1)

Son épouse et ses trois enfants furent sauvés, et protégés par  le frère Julien militaire en retour de mission à Saint Domingue. 

 

L'histoire des Girondins, l'histoire de St Emilion ont été écrits au milieu du 19eme siècle par le fils de Julien:  Joseph.

Comme les amis avocats bordelais Vergniaud, Gensonné et Guadet ont été associés pendant la Révolution, Joseph le fut avec ses amis Pierre Armand Dufau et Jean Baptiste Duvergier, mais pour l'administration et l'enseignement en particulier à l'Institut Royal des Jeunes Aveugles, il encouragea le jeune François Coppé, il diffusa le système d'écriture inventé par un des enseignants qu'il dirigeait Louis Braille.

Joseph Guadet épousait en 1831 Elisabeth, la fille de Hyacinthe Azaïs (*2) un visionnaire philosophe qui fut éduqué à Sorèze avec son père où il connu peut être les fils de Benoît Lacombe, de Gaillac et les présenta à sa belle famille (la petite fille d'Elie épousait un Eliacin Lacombe vers 1840). De son premier mariage avec un officier de Bonaparte tué à Austerlitz en 1805, Adélaïde Azaïs avait 2 fils dont Jules dit "Berger de Xivrey".

En souvenir des Girondins, un monument commémoratif fut élevé à Bordeaux, Julien Guadet architecte un des fils de Joseph, a fait une proposition, mais ce fut finalement le projet de Victor Rich qui fut retenu. A ces adresses vous pouvez voir l'état actuel:     http://virjaja.over-blog.com/article-fontaine-des-girondins-61982243.html

et aussi  http://www.street-photo.org/article-bordeaux-colonne-des-girondins-girondins-column-65410507.html

merci à ces blogeurs pour leurs belles images.

 

 Julien Guadet fils de Joseph, reçoit par arrété du 8 octobre 1864 de l'Empereur "vu les procès-verbaux des jurys chargés de juger des résultats des concours ... "  le grand prix de Rome d'architecture "sont nommés en conséquence, pensionnaires du gouvernement , chacun pour quatre années, à partir du premier janvier 1864".

 

  Il fut ensuite professeur d'architecture aux Beaux-arts et eut dans sa classe son fils Paul et Auguste Perret.

Dans leurs appartements, autant Julien que son père Joseph, organisaient des rencontres de maîtres et élèves.

En quelque sorte ils tenaient salons.

Photo salon de l'hotel Guadet à Paris (archives IFA Paul Guadet)

 

Ainsi se firent surement les connaissances, Madeleine la fille épousa Paul Carnot, le docteur qui fit construire son hotel particulier avenue Elysée-Reclus Paris 7eme (le cabinet donnant sur le Champ de Mars) par les frères Perret.

Photo: maison de Paul Carnot. (arch IFA Paul Guadet)

Comme beaucoup de la famille Carnot, Paul possèdait un château, celui de Monteil dans la Creuse. (annuaire de 1928) 

 

Son neveu Jules le fils de Hyacinte Azaïs Guadet épousait Anne Marie Marmottin, fille de l'architecte de Coulommiers Jules-Elie venant d'une famille d'entrepreneurs du bâtiment de Neuville-le-Pont. Jules fit ses études de droit il était en 1934 élu au bureau de la Fédération Générale des Avoués de France.

marmottin-web.JPG

 

 

Caveau de Jules Elie Marmottin, sa fille son gendre et ses petits enfants au cimetière de Coulommiers

 

 

 

Une thèse de doctorat d'histoire de Guy Lambert (*3) que je viens de consulter, basée sur Paul Guadet, m'apporte des éléments importants principalement que Georges de la revue d'optique et Julien le professeur de mathématiques sont les frères de Paul.

 

  *1/  *2/ (Texte de Philippe Lejeune, voir son blog dans mes liens)

 *3/  - LAMBERT Guy, **L’architecte et la figure de l’expert, au service de l’Etat sous la IIIe République. Cultures et stratégies professionnelles. Autour de Paul Guadet (1873-1931), Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, **sous la Dir. de François LOYER. Thèse d’Histoire soutenue le 03 Juillet 2007. 2 VOL. 745 p.  

Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines Guyancourt = Céline Clouet

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 10:15

  J'ai eu le plaisir d'assister du 25 au 27 novembre 2010 au colloque Montherlant 
organisé à Paris par l’Université Sorbonne nouvelle Paris 3 et l’Université Grenoble 3-Stendhal   

 

 

  Nous devons à Henri de Meeûs une communauté d'échanges et d'information vivante autour de Montherlant, et la dernière mise à jour de son site rappelle le contenu des exposés particulièrement  passionnants. (Impression prévue dans un an.) Il faut d'abord remercier les organisateurs Claude Coste, Jeanyves Guérin, Alain  Schaffner,  d'avoir rassemblé et motivé des chercheurs de qualité.

 

http://www.montherlant.be/

 

 

 

  1. André Blanc, Montherlant écrivain,    
  2. Pierre Duroisin, Avant Thrasylle,
  3. Guy Dugas, Documentation et genèse : des sentes et rencontres maghrébines aux romans nord-africains,    
  4. Régis Tettamanzi, La musique dans l’oeuvre romanesque de Montherlant,
  5. Michel Bertrand, Réécriture intergénérique et écriture romanesque des Garçons, l
  6. Jean-yves Guérin, Fortune et infortune de Montherlant dramaturge,
  7. Marie-Claude Hubert, Une dramaturgie héritée du clacissisme,
  8. Pascale Alexandre, Montherlant et le théâtre antique : l’exemple de Pasiphaé,    
  9. Benoît Barut, Les didascalies de Montherlant :un service inutile ?
  10. Elisabeth Le Corre, La pourpre et la bure : papes et prélats dans le théâtre de Montherlant,
  11. Jean-François Domenget, Montherlant essayiste : Aux fontaines du désir,
  12. Sophie Hébert, Les Carnets d’Henry de Montherlant,
  13. Marie Sorel, Henry de Montherlant et Roger Vailland : Drôles de joueurs,    
  14. Laure Himy, Le poids des formules ou la subjectivité sans sujet dans les romans de Montherlant,    
  15. Donatien Grau, Montherlant le Romain,
  16. Patrick Brunel, Montherlant au travail, la leçon des manuscrits,
  17. Henri de Meeûs, Ce que j’ai découvert sur Montherlant en construisant le site article 57 
  18. Delphine Aebi, La Ville dont le prince est un enfant : un scandale impossible ? 

 

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 15:58

Le classique: l'illustration par un artiste d'une oeuvre littéraire, Mariette Lydis a connu, fréquenté estimé Colette. 

 

plb34-couv-w.jpg         

         plb34_1-w.jpg                

 

Gigi ne pouvait être illustrée sans un travail en commun (Guillot 1948).

plb34_4-w.jpg plb34_2-w.jpg

Les 4 volumes de "Claudine", édité aux éditions de Cluny en 1939 sont issus d'une lecture "en connaisseuse" de l'oeuvre de Colette.

 

Je lis un magnifique livre de Gérard Bonal, basé sur une collection exceptionnelle. Voyez le site Colette construit par la Société des Amis de Colette, la publication annuelle des cahiers Colette est une magnifique source de précisions sur la vie et l'oeuvre. C'est un moyen de compléter, poursuivre les ouvrages d'étude ou d'édition, un moyen aussi de mettre en commun les informations existantes dans des collections parfois éparpillées. Un modèle du genre, le musée de Saint Sauveur, peut-être un jour la maison natale doivent beaucoup à la motivation du groupe d'acteurs des amis.

 

C'est à l'occasion du Bal des petits lits blancs (*1) de 1934, que Colette prononca ce témoignage "sur 4 dessins de Mariette  Lydis"   :  

    plb34_3-w.jpg

    

       Ne vous fiez pas à Mariette Lydis! Les enfants ne sont pas tous comme ceux qu'elle dessine ici. Ils n'ont pas ces cheveux en anneaux, qui séduisent et retiennent la lumière, ni cette lèvre plissée comme un pétale et rose d'avoir teté. Tous ne dorment pas, les cils couchés sur la joue, d'un si paisible sommeil et leur lit n'est pas toujours ce duvet bombé comme un nuage, blanc comme lui...

     Tournez les pages, et que votre méfiance grandisse: la petite fille couronnée, étonnée, plus jolie qu'une femme, c'est un portrait? Non. C'est un songe heureux de Mariette Lydis, de même que la jeune fille, coiffée de perles pour son premier bal. Ce sont des figures nées d'une inspiration de femme, qui frémit au son de trois paroles argentines: Petits Lits Blancs. Quatre images, quatre âges d'un bonheur puéril...

- Comment sont elles nées? demandai-je à Mariette Lydis.

     Je ne sais pas répondit-elle. Elles me sont sont venues d'un blanc primordial, un blanc de limbes... Ce sont les enfants des Petits Lits Blancs.

     Une artiste comme celle que j'ai nommée anticipe toujours. Imagination? Non. Sens du futur. Elle les a peints tels qu'ils seront, les Hôtes des Petits Lits Blancs. Elle a dessiné des modèles. Puis elle a dit à Léon Balby: "A vous, maintenant. Dressez les lits, nappez-les de blanc, allez chercher les enfants..." Il a répondu: "Ca me connaît." Peut-être a-t-il employé des mots plus rares, mais je préfère lui préter le langage du bon ouvrier.

     Il a derrière lui, depuis quinze années, depuis la fondation des Petits Lits Blancs, un contingent terrible d'enfants qui le pousse en avant, à l'assaut de la charité nonchalante. Dieu merci, le coeur nous bondit encore, à l'appel de l'enfant. Chaque année, le jour du grand bal, tout Paris est debout, prêt à servir. Tristan Bernard dansera, s'il le faut. Albert Lambert tirera les cartes. Sorel et Moreno seront écuyères de panneau, la Princesse de Polignac, la Comtesse de Chevigné liront l'avenir dans le marc de café et les épingles renversées, Mistinguett dira la Nuit de Mai; - Voulez-vous que je chante le grand air de la Tosca?

     Ce soir nous savons pourquoi nous sommes venus en foule. A l'heure la plus blanche, au meilleur moment d'une fête où règnent l'argent, la neige, la perle et la dentelle, nous verrons tous, nous appellerons tous, pour le condamner à jamais, notre plus sombre souvenir d'une détresse enfantine. Pour moi, je reverrai, dans un taudis villageois, une jeune femme dénuée de tout, qu'on secourut comme elle allait mourir et qu'on délivra de son nouveau-né. Elle n'avait ni langes ni draps, ni rien qui fut blanc, et l'on roula l'enfant dans un vieux gilet d'homme, noir.                       COLETTE.     

 

    Mariette et Colette ont aussi contibué à l'édition de 1935.

                                                                                                                                

 

*1/  Le Bal des Petits lits blancs, était une manifestation caritative annuelle de financement de l'oeuvre Petits_Lits_blancs-bailby.jpgorganisée par le directeur du journal "Le Jour", Léon Bailby (1857-1954). Le tout-Paris était sollicité pour des participations généreuses, un spectacle d'acteurs bénévoles, une tombola luxueusement dotée par les sponsors et la contribution d'écrivains, peintres et  imprimeurs pour la réalisation du programme distribué aux généreux spectateurs. L'institution des petits lits blancs, a été créée en 1917 par Madame Henri Lavedan pour lutter contre la tuberculose.

 

Le Bal de 1934 fut donné à l'Opéra le 6 février.

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